Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

514 Ponce

vos bontés, je fens bien que je n'en ferai jamais

ingrat, ók pour commencer de m'en rendre

digne , je vais vous faire 1'aveu de 1'état de ma

fortune.

Une jeune veuve fort riche, d'une qualité fort diftinguée , ayant pris beaucoup d'amitié pour moi, me recut fouvent chez elle, ck me propofa de 1'époufer; j'acceptai ce parti avec joie; mon père en fut ravi; le contrat ck les fiancailles fe fuivirent de prés : enfin , le jour arrêté pour notre mariage, j'allai la trouver avec ma familie, ck je 1'époufai dans une maifon de campagne proche d'Anvers. Mais il n'y avoit pas huit jours que nous étions enfemble, que fon premier mari arriva: on le croyoit péri depuis dix ans. Ma femme, ou pour mieux dire la fienne, feignit de le méconnoitre. L'éclat de cette affaire fut fi grand , ck mon déplaifir fi violent, que je laiflai le foin de cette affaire a mon père , ck je partis avec mon frère pour Saint Jacques. Je vous fupplie , madame, continua-t-il, de trouver bon que je fache ce qui aura été réglé, avant de partir pour le Mexique. Cela eft bien jufte, répliqua dona Juana, toute troublée ; le fuccès m'en inquiète, ck je vous avoue que fi je vous avois cru marié, j'aurois étouffé de bonne heureles fentimens obligeans que j'ai eus pour vous ;.car enfin , vous aimez

Sluiten