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des Aigues Marines. %9 Je ne m'étonnai plus que ces fauvages eulTent expiré en me voyant -y je remerciai même les dieux d'avoir permis que ma vue purgeat la terre de monftres fi inhumains. Je parcourus toute 1'ïle que je trouvai remplie d'horreur. Je choifis pour ma demeure, une grotte taillée dans le roe. La , je vivois des bêtes que je ruois a la chaffej je pê' chois i la ligne; je me promenois le long de la mer; je n'avois de momens de plaifir, que cewx que je palfois a regarder ce portrait, que j'aimois encore de plus en plus. Jene le quittois ni la nuir ni le jour. Quand je dormois , je le tenois dans mes bras, & je ne me réveillois que pouHe regarder encore. J'allois quelquefois dans une ïle voifine qui ércit planrée d'orangers. Je m'y endormis un jour, & une tempête°setanc élevée pendant mon fommeil, j'eus 1'imprudence de vouloir regagner mon ïle. Les vents qui augmentèrent tout d'un coup , me poufsèrent en pleine mer ; & après en avoir été long-tems le jouet, je fus pouflé contre cette tour d'oü vous m'avez tiré.

Ah prince ! s'écria la princelfe de 1'ïle de Ia Nuit, je ne puis donc jamais vous voir fans qu'il men coüte la vie ? Je donnerois la miennepour vous voir un moment, lui répondit Ie prince. L'idée charmante de 1'objet que j'ai vu au fond de la mer, eft gtayé dans mon cceur , avec des

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