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508 Les Voyageuses.1 gage de fée veut dire, mieux que belle. L'autre Claride , c'efl-a-dire , qui ne Vaimeroit ? & ainfi de quantité d'autres noms. Si elle n'en avoit eu qu'un déterminé , elle y auroit perdu, quelque beau qu'il eut été. II eft vrai qu'on ne pronon$oit ceux-ci que tout bas devant fes feeurs, de peur de1 les mettre en colère , & qu'elle-même ne vouloit pas les entendre. Mais rappeller, comme par méprife , d'un de ces noms, c'étoit lui dire une chofe obligeante , &c on profitoit de toutes les occafions de fe méprendre. Car comme on craignoit, paree qu'elle étoit èxtrêmement modefte, qu'elle ne fe crut du genre de laideur que fes feeurs lui reprochoient fi volcntiers , on s'appliquoit a lui perfuader le contraire , & cela paree qu'elle cherchoit a être aimée.

Leur premier féjour fut a la cour ÜAjjirit. C'étoit une cour brillante , nombreufe , ou les hommes étoient a la fois fenfés & aimabies, oh les femmes étoient charmantes , & vivoient enfemble fans fe haïr, paree qu'elles n'avoient que le cceur fenfible , & que leur amour propre ne fe bleffoit jamais mal-a-propos. Ce n'étoit pas qu'il n'y eut auffi des femmes vaines, aigress méprifantes; des hommes confians , frivoles , indifcrets; mais c'étoit le petit nombre, & cela fait une nation bien raifonnable.. La belle y fut

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