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Les Voyageuses. ju bleu de faphir & très-brillans, des lèvres extréV mement groffes de la même couleur que les yeux, & des dents de nacre les plus jolies du monde. Cette bifarrerie ne choqua point les deux aïnées; elles pensèrent qu'il feroit flatteur d'être admirées par des yeux couleur de faphir, & de tourner la cervdle a ces hommes extraordi-> naires. Pour la cadette, elle étoit fort étonnée , & tachoit de s'accoutumer a ces figures furprenantes , afin de n'être point haïe des gens avec qui elle alloit vivre. Ses feeurs furent bien trompées dans leurs efpérances; comme la beauté eft une affaire d'opinion , on ne les regarda jamais qu'avec une furprife qui ne fuppofoit aucun plaifir a les voir ; elles n'eurent point d'autres fuccès. Pour comble de dégout, elles apprirent qu'on ne les appelloit que du nom qu'elles donnoient avec tant de plaifir a leur cadette. Mais voici bien pis encore. Etant toutes trois a une fête oh les filles du roi formoient une danfe plus fingulière que difficile, & que les deux ainées ne regardèrent qu'avec dédain, ( car elles ne pouvoient pas fouffrir de voir briller les autres ) la troifième fe mit au rang des danfeufes qu'elle avoit beaucoup applaudies: & comme elle avoit acquis bien des talens, croyant en avoir befoin , elle faifit fi bien le caractère de leur danfe, on lui fut fi bon gré de

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