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'§ii Les Voyageuses»1 fe prêter avee tant de grace a des amufemehs étrangers pour 'elle , qu'elle fut applaudie k 1'excès. Le roi, les dames j les courtifans ne eeflbient de dire : Quel dommage qu'elle n'ait pas un teint couleur d'aventurine , & de belles groffes lèvres bleues ! Ses deux feeurs entendirent fans doute mot pour mot toutes les louanges qu'on lui donna, quoique dans une langue étrangère. (Car le dépit dans les femmes eft fi penetrant! ) Enfin elles pensèrent en mourir de jaloufie. Le bal fini, ce fut une perfécution pour partir, k laquelle ilfallut que la tante cédat; k peine eut-ellele tems de prendre congé du roi, de la reine & des princeffes > a qui elle donna cependant un fecret pour fe bouffir eonfidérablement les lèvres aux jours de cérémonie. L'importance de ce préfent la fit reconnoitre pour fée, & ëlle fe vit inveftir par un concours prodigieux de peuples;mais elle étoit déja dans fon char, & elle difparut, au grand contentement des deux aïnées, qui maudiffoient un pays ou 1'on n'applaudiffoit que leur cadette.

Je ne fais pas comment j'ai oublié jufqu'ici d'expliquer pöurquoi ces deux ainés étoient en fi bonne intelligence. II n'eft pas facile de le deviner; cela va cependant paroïtre affez fimple. La jolie difoit k tout moment a 1'ainée , qu'elle étoit prodighufemint belle ; la belle difoit k

celle-ci?

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