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33^ C O N T E s

1'allai retrouver un moment après dans fon appartement : hé bien, lui dis-je, comment vous trouvez-vous de la puiffance de 1'urne ? quel fouhait avez-vous fait ? J'ai fouhaité, dit-elle, que mon cceur reftat toujours dans les difpofitions ou il eft de n'aimer que vous. Ah! que TOus êtes charmante, lui dis - je , qu'il m'eft doux de vous connoïtre fi tendre & fi iïdèle ! c eft une juftice que vous rendez a mon cceur ; vous favez avec quelle indifférence j'ai regardé toutes les autres beautés de la Grece , trop content de 1'efpoir de vous plaire. Je la quittai a ces mots, pour me rendre dans le palais de la belle Boialine que j'avois enlevée fur les bords du Tibre.

Elle avoit été élevée dans une contrainte extreme ; a peine fes parens lui laiffoient-ils voir le jour. Je crusquel'ayant conduite dans un palais ou régnoient les plaifirs & les graces , & m'offrant a elle fous une figure aimable, je ferois bientót maitre abfolu de fon cceur ; je mêlois chaque jour a tcus lesamufemens que je pouvois imaginerpour lui plaire, les foins & les difcours qui marquoient le mieux une véritable tendrefle ; enfin , je lui enfeignai cette urne confidente des fouhaits. Elle s'y rendit bientót,& s'en étant approchée, elle prononca ces mots: Je fouhaite connoïtre tous les degrés de plaifirs

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