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14 La Princesse Lionnette le plus ardent & le hale le plus fort n'ofoient attaquer, non plus que la blancheur de fes bras & celle de fa gorge. Elle n'étoit point fenfible a fa beauté , la force de fon efprit & celle de fon éducation , la mettoient au-deffus de ces avantages de la nature : elle parloit bién, & penfoit encore mieux. Ces bonnes gens étoient étonnés de la voir, dans un age fi tendre , capable de réflexions fi juftes & fi fages ; elle approchoit alors de quinze ans.

Depuis quelques jours,Phila s'appercut qu'elle avoit eu foin en fe couchant de mettre fes cheveux en boucles, & qu'en fortant, elle s'étoit mirée avec une forte de complaifance dans une fontaine qui joignoit la caverne. Elle en avertit Mulidor, qui en fut auiïi étonné qu'elle; ils ne voulurent cependant point lui en parler; mais ils réfolurent de 1'examiner finement, pour découvrir le fujet de cette attention, & ils fe rappellèrent que depuis quelque tems elle paroiffoit rêveufe, inquiète, & que ce qui 1'avoit amufée jufqu'alors fembloit lui être devenu indifférent.

Lionnette revint a la caverne d'aflez bonne heure ce jour - la : elle apportoit deux perdrix fauvages qu'elle avoit tuées. La bonne femme lui demanda fi elle n'étoit point trop laffe pour 1'aider afiler une quenouille qu'elle vouloit finir: Si vous vouliez bien m'en difpenfer, dit Lionnette, je

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