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kt le Prince Coquerico. 21 tant de revenir , & de ne vous parler que quand il le voudroit. Je revins fi occupée de fon idéé, qu'il fembloit que je ne vécuffe que quand 1'inflant oü je le devois voir approchoit; rien ne me plaifoit plus que lui feul, plus je le voyois , plus je défirois de le voir : il étoit de même. II eft charmant, ma mère , & fi vous 1'aviez vu vous n'auriez pu vous difpenfer de 1'aimer. Trois mois fe font paflés dans cette douce union , Sc voila le comble du malheur ! C'eft que ce matin, il m'a appris qu'il étoit néceffaire qu'il s'abfentat quelques jours pour des affaires indifpenfables qui ne tendoient qu'a aflurer notre bonheur. Je ne favois point ce que c'étoit que de le perdre de vue; je fentis une douleur égale a la fienne. II étoit dans une affiiétion immodérée: il m'a dit cependant qu'il reviendroit bientöt, & qu'il lui tardoit plus qu'a moi de venir combler fon bonheur ; j'étois toute en larmes; enfin 1'heure de nous féparer étant venue , j'ai défait mon collier, & je 1'aï attaché a fon bras. O ciel ! qu'avez-vous fait, ma fille , s'écria Ph'.la? Nousfommes perdus , & c'eft fans reffource. A ces mots , elle fe laiffa tomber par terre, & remplit la caverne de fes eris. Lionnette effrayée de ce fpeftacJe , fe leva pour fecourir la bonne femme, Qu'avez-vous donc, ma mère, s'écrioit-elle? Quel rapport un collier de fi peu de conféquence, peut il

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