Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

344 Nourjahad,

plus tranquille, & fa fanté plus vigoureufe.

Je ne veux plus, difoit-il, me foumettrg a 1'efclavage de la beauté. J'ai vécu pour voir dépérir tout ufi ferrail des plus belles femmes de Perfe , & j'ai éprouvé 1'ingratitude de celles qui leur ont fuccédé. Je ne dois donc plus me livrer a ces perturbatrices de mon repos, dont j'aurai toujours a craindre la perte ou 1'infidélité. Mandane étoit la feule femme qui méritat réellement mon amour : fi je pouvois la retïrer du tombeau, & lui faire partager le privilege dont je jouis, je ne voudrois jamais aimer qu'elle; mais puifque cela eft impoffible, je veux me dévouer aux charmes de la vertu dont elle étoit une image vivante.

Tandis que Nourjahad formoit ainfi la réfolution de corriger les erreurs de fa vie paffee, fa vertu n'étoit pas feulement en fpéculation. II ne fe couchoit jamais fans gouter la joie d'avoir fait du bien a quelqu'un. Cozro, qui paffoit les journées a chercher & a fecourir les maiheureux, ne manquoit pas tous les foirs de rendre compte a fon maïtre de fa miffion , & de lui caufer le plaifir qu'on reffent a faire de bonnes adions; plaifir bien doux, qu'il n'avoit pas connu jufqu'a ce moment. Le cceur de Nourjahad étoit rempii de compaffion pour les fouffrances que Cozro lui dépeignoit comme le lot d'une grande

Sluiten