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ib'o TÉLEMAQUE. cher au monde. Je viens après tant de naufrage» chercher fur ces rives inconnues un peu de repos & une retraite affurée. Si vous craignez les Dieux , &C fur-tout Jupiter qui a foin des étrangers : fi vous êtes fenfibles a la compaffion, ne me refufez pas dans ces vaftes pays quelque coin de terre infertile, quelques déferts , quelques fables ou quelques, rochers efcarpés , pour y fonder avec mes cömpagnons une ville qui foit du moins une trifte image de notre patrie perdue. Nous ne demandons qu'un peu d'efpace qui vous foit inutile. Nous vivrons en paix avec vous dans une étroite alliance; vos ennemis feront les nótres, nous entrerons dans tous vos intéréts; nous ne demandons que la liberté de vivre felon nos loix.

Pendant que Diomede parloit ainfi, Téïemaque ayant les yeux attachés fur lui, montra fur fon vifage toutes les différentes paffions. Quand Diomede commenca a parler de fes longs malheurs , il efpéra que eet bomme majeftueux feroit fon pere. Auffi-tót qu'd eutdéclaré qu'il étoit Diomede, le vifage de Téïemaque fe flétrit comme une belle fleur que les noirs aquilons viennent de ternir cle leur fouftle cruel. Enfuite les paroles de Diomede qui fe plaignoitde la lcnguccolere d'une Divinité , 1'attendrirent par le fouvenir des mêmes difgraces fouffertes par fon pere & par lui. Des larmes mêlées de douleur & de joie coulerent de fes joues, & il fe jetta tout-a-coup fur Diomede pour 1'embraffer.

Je fuis, dit-il, le fils d'Ulyffe que vous avez connu , & qui ne vous fut pas inutile quand vous prites les chevaux fameux de Rhéfus. Les Dieux Pont traité comme vous fans pitié. Si les Oracles de 1'Erebe ne font pas trompeurs ,il vit encore : mais hélas! il ne

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