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ïSï T ê L E m a q u E.

de fon vifage, la grace de fes difcours, la force de fon éloquence, la nobleffe de fes fentiments, & la fageffe de fes penfées,

Cependant Philoftete embraffa le grand fils de Tidee; ds fe racontoient leurs triftes aventures; enfuite Philocfete lui dit : Sans doute , vous ferez bien-aife de revoir le fage Neftor; il vient de perdre Pififtrate, le dernier de fes enfants; il ne lui refte plus dans la vie qu'un chemin de larmes, qui le mene vers le tombeau. Venez le confoler. Un ami malheureux-eft plus propre qu'un autre a foulager fon cceur. Ils allerent aufii-tót dans la tente de Neftor , qui reconnut a peine Diomede, tant la trifteffe abattoit fon efprit & fes fens, D'abord Diomede pleura avec lui, & leur entrevue fut pour le vieillard un redoublement de douleur : mais peu a peu la préfence de eet ami appaifa fon cceur. On reconnut aifément que fes maux étoient un peu fufpendus par le plaifir de raconter ce qu'il avoit fouffert, & d'entendre a fon tour ce qui étoit arrivé a Diomede,

Pendant qu'ils s'entretenoient, les Rois affemblés avec Téïemaque examinoient ce qu'ils devoient faire. Téïemaque leur confeilloit de donner a Diomede le pays d'Arpi, & de choifir pour Roi des Dauniens Polydamas, qui étoit de leur nation. Ce Polydamas étoit un fameux Capitaine, qu'Adrafte, par jaloufie, n'avoit jamais voulu employer, de peur que l'on n'attribuat a eet homme habile le fuccès dont il efpéroit d'avoir feul toute la gloire. Polydamas 1'avoit fouvent averti en particulier quil expofoit trop fa vie & le falut de fon Etat dans cette guerre contre tant de nations conjurées; il 1'avoit voulu engager a tenir une conduite plus droite &z plus modérée avec fes voifins ; mais les hommes

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