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feulement des fruits tk des légumes en abondance i mak encore toutes fortes de fleurs adoriférantes. La il déploroit le malheur des peuples, que 1'ambition jnfenfée d'un Roi entraïne a leur perte. La il attendoit chaque jour que les Dieux juftes, quoique patients , filfent tomber Adrafte. Plus fa profpérité croiffoit, plus il croyoit voir de prés fa chüte irrémédiable : car 1'imprudence heureufe dans fes fautes , tk la puiffance montée jufqu'au dernier excès d'autorité abfolue, font les avants-coureurs du renverfement des Rois & des Royaumes. Quand il apprit la défaite & la mort d'Adrafte , il ne témoigna aucune joie, ni de l'avoir prévue, ni d'être délivré de ce tyran; il gémit feulement par la crainte de voir les Dauniens dans la fervitude.

Voila 1'homme que Téïemaque propofa pour faire régner. II y avoit déja quelque temps qu'il connoiffoit fon courage tk fa vertu; car Téïemaque , felon les confeils de Mentor, ne ceffoit de s'informer par-tout des qualités bonnes tk mauvaifes de toutes les perfonnes qui étoient dans quelque emploi confidérable, non-feulement dans les nations alliées qui fervoient en cette guerre, mais encore chez les ennemis. Son principal foin étoit de découvrir & d'examiner par-tout les hommes (o) qui avoient quelque talent, ou une vertu particuliere. Les Princes alliés eurent d'abord quelque répiw gnance a mettre Polydamas dans la Royauté. Nous avons éprouvé, difoient-ils, combien un Roi des Dauniens, quand il aime la guerre, & qu'il fait la faire, eft redoutable a fes voifins. Polydamas

00 C'eft de toutes les fciences la plus inftruflive, & peutctre la plus difficile. 11 faut encore plus de pénétration poup connoïtre les autres , que pour fe connoitre foi-même,

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