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Théorie de l'art des jardins.

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104 Première Setlion. Cov.jj d'ceil jettéfur les jardins

Quelques -uns font des hermitages 8c des hópitaux oü les vieux 8c fideles ferviteurs de la maifon paiïent en paix le refte de leur vie au milieu des tombeaux de leurs peres enterrés dans les environs. D'autres font des ruines de chateaux, de palais, de temples 8c de chapelles défertes; ou bien cefont des arcs de triomphe a moitié démolis, 8c de fuperbes monuments confacrés jadis a la mémoire d'anciens héros, mais dont les infcriptions font effacées; ou bien encore ce font les cimetieres de leurs ancètres, les foftes & les fépulcres de leurs animaux domeftiques, ou enfin , tout autre objet qui peut fervir a marquer la caducité, les adverfités 8c lamortalité des chofes de ce monde. Ce fpeétacle encore rembruni par Ie morne afpeél 8c par l'air piquant de 1'automne, remplit 1'ame de mélancolie 8c la porte a des réflexions graves.

Les différentes fcenes 8c autres parties des jardins Chinois tiennent enfemble par des allées, de grands chemins, desfentiers, des rivieres navigables, des lacs 8c des canaux. Les artiftes favent donner toute la variété poffible a ces objets, non feulement quant a leur forme 8c a leurs proportions, mais encore quant a leurs décorations, 8c n'en évitent pas moins les incongruités qu'on rencontre en fi grand nombre dans nos anciens jardins d'Europe.

Les allées, tant droites que tortueufes des Chinois, font dans quelques endroits affez éloignées Tune de Tautre, 8c féparées par d'épais bosquets qui cachent tous les objets extérieurs, 8c cela non feulement pour empècher ceux qui fe promenent de porter leurs regards au loin, mais encore pour réveiller en eux cette mélancolie qui s'empare naturellement de Tame quand on parcourt le labyrinthe d'un fombre bocage. Dans d'autres endroits les allées fe rapprochent; infenfiblement les arbres s'éclairciffent 8c deviennent moins élévés; Toreille eft frappée par la voix de ceux qui parcourent les avenues oppofées; 8c l'ceil eft recréé par i'afpeél incertain des perfonnes qui paroiffent au travers des arbres 8c des rameaux. Tout-a- coup les plantations redeviennent touffues; les objets dilparoiffent, 8c les voix fe perdent en un murmure confus. Enfuite les allées fe fléchiffent inopinément vers les mêmes places découvertes, 8c les

diverfes