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France, c'en eft fait de notre gouvernement, de nos lois & de notre religion. D'autres puiffances font en paix avec la Franca. Le Dannemarck, la &iéde, les cantons Suifl'es font-ils donc anéantis, qaoique aliiés avec elle? & cetre République de Génes que nous avons fi cruellement traitée, ne s'applaudit elle pas de 1'amitié des Francais ? Les Etats Unis o'Amérique ne jouifl'em-i/s pas d'une brillante profpérité, d'une grande furerd, quoique leur beau gouvernement foit auflï fo.idé fur les droits de 1'homme, & par la même três-rapprocbé de ce qu'on appelle la pefte francaife. Ce? Etats-Unis ne viennent il pas de conclureun traité avec nous ? Pourquoi donc la contagion ne feraitelle a craindre que pour nous? Je m'étonne toujouis de 1'entêtement de certains hommes qui ferment les yeux pour ne pas voir les faits qui combattent leurs chitnériques théories.

„ La révohuion francaife exifte depuis i?8o, & Genêve eft cependant lefeulEtatquienaitéprouvé une a peu pres femblable. Comment pourrait-elle arriver jufqu'a nous ? nous ferat't-e'le apponée par quelques miffioniiaires débarqués è Douvrcs? car, graces au ciel, le miniftre ne nous parle plus de tous ces complots contre la conttitution , quifemblaient I'eitrayer tant depuis deux ou trois ans. Tous ces rèves n'ont pas éié perdus pour lui, puifqu'avec quelques bills il eft venu a bout de rendre la monarchie anglaifè beaucoup plus abfolue qu'elle ne 1'a jamais é;é.

„ On s'eft plaintdupeu de zele déployé pourle fóutien de la guerre. Quaud je propofais, il y a un an, de négocier avec la France, on ne fe plai. gnait pas de cette froideur.

„ Elle nedoit pas nous étonner après le mépris que les miniltres ont fi long-tems profelTe pour la France? On nous demandait auttefoisquelieraifon nous avions de croire que les Franfais feraientplus qu'ils n'avaient fait dans les guerres précédentes ? Les faits out parlé. Je conviendrai, fi i'on veut, que les réquifiuons contre lefquellesleminiftre s'elt élevé, font des moyens tyranniques. Mais fi une armée francaife était au milieu de nous, ces moyeas ne feraient-ils pas légitimés par la néceffité ?

„ Les miniftres nous peignentlatévolution francaife comme uu fleau, & ils nous demandent fi nous voudrions ptendze pour nous un fi msuvaïs j gouvernement. Mais le gouvernement qui pefait für la France, depuis plufieursfiécks, était-il donc fi bon? Le gouvernement de Prcffeeft-ii unemerveiile? Approuvons-nous les horreurs comrnifes en Pologne? Nous les tolérons néanmoins. Je ne vois donc pas pourquoi nous nous indignerions coutre le rnauvais gouvernement des Francais, s'il eft cnoitï paf «Ub „ Dans les guerres précédentes, nous avons re?u-

r et fait des propofitions de paix: je n'ai jamais \ ouï dire que ce füt fe dégrader. Depuis quand une ouverture de paix eft-elle un afte de foumilïïon? Commencez par déclarer que vous ne voulez porter aucune atteinte au gouvernement aftuel de France -, alois nous ferons d'accord fur 1'Adreffe au roi. Ce ferait óter a la France un de , fes plus forts argumens. Alors la Convention ne I pourraic plus dire au Peuple: Vous voyez que les puiffances étrangéres attaquent votre indépeüdance, & veulent vous impofer le joug.

„ II n'eft pas d'exemple decalamitésfemblables a celles que nous avons éprouvées. Nous avons, il eft vrni, conquis I* Martinique, Saüite-Lucie' une partie de la Guadeloupe & ia Corfe. Mais qu'ont perdu nos aliiés ? Toutes leurs co'nquétes en France, les Pays-Bas, la moitié de Ia Hollande, toute la rive gauche du Rhin, une partie du Piémont, la Catalogne & toute ia Navarre. Qu aft-U arrivé fur les mers? C'eft a tort que le roi nous a annoncé, 1'année derniere, que H flotte de Toulon était anéantie. Une efcadre nombteufe eft prête a fortir de ce port.

„ Dans l'Océan, nous avons, il eft vrai, rempor. té une victoire navale brillante & immortelle. Mais fi 1'on en croit plufieurs rappons, dans cette journée même, la flotte francaife était fupéneure a la nötre. La marine francaife a recu un grand échec, mais il n'eft pas irréparable. Car d'après tous les bruits qui circulent, ils ont en ce moment a Breit, une flotte que nous pouvons a peine égaler. 11 faut donc nous attendre a une nouvelle réfillance en mer. Si nous battons 1'ennemi, il fe relevera. Si nous étions battus pat lui, les conféquences en feraient incalculables.

„ Nous nous foumettrons» dit-on, quand la néceffité parlera. Mais alors ce fera vraiment un opprobre. Alors nos ennemis fanront que nos moyens font épuifés. Abandonnons donc au plus-tót, Ie projet abfurde de donner un gouvernement a la France, & offrons-lui la paix. Nous le pouvons fans deshonneur.

„ Mais queiles en feront les conditions? s'écrient les miniftres. C'eft è eux de les déierminer & de fuivre les négociations. Mais il ftudra , dit on, abandonner les Colonie» Francaifes & les royaliiies qui les ont fécondés. Cet argument eft fort, j'en conviens. Mais ce n'eft pas par mes confeils qu'on a teudu la main aux royaliftes. La honte de cet abandon retovnbera fur les miniftres feuis. C'eft a eux d'en répondre.

,, Je viens maiatenant a ce quiconcerne nosaU lié-. Quslques membres oat affuré que nous n'en avions plus, & on leur a demandé le morif de cette affenion. Ils 1'ont puifé dans le difcours même du Roi. II y eft dit, que la Hollande né-

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