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m'en donnai. Je crois que, fans ce fecours fi défiré & fi long temps attendu, deux minutes plus tard c'étoit fait de ma vie.

Qu and je me fus bien raffafie , je fis quelques pa* dans le bc-is & j'y rêricontrai pour mon bonheur, entre un grand nombre de mes freres, trois de mts enfans qui étoient nés fur la tête du loutou de M. le Premier Préfident, & que je n'avois pas revus depuis. , .

Mes pauvres enfans avoient effuye bien des mbulaiions & des infortunes; leurs aventures qu ils m'.mt contées &quejene retraceraipoint ici,pour ne m'en tenir qu'a ce qui m'eft perfonel, m ont rait verfer de» larmes de fang, en meme-temps que je goutois la fatisfaaion de les revoir & de les prelfer fur mon fein. II faut être pere pour connoltre les différentes fenfations que j'ai éprouvees en pareille occafion. " Hélas! mes pauvres enfans, leur " aN-iedit, nous ne fommes nés que pour mouri': « une année entiere eft le plus long cours de notre " vie;qu'eft ce oue ce temps,en comparailon de *< 1'érernité ? Si notre ame meurt avec nous, tous « ros maux font finis ; fi elle nous fur vit, peut-être « ornera-t-elle le corps de quelques etres pluö «' fonunés. D'ailleurs la mort en elle memen eft « rien, un clin d'oeil n'eft pas plus rapide quellej

«« Laiffons au vulgaire des hommes « Redouter de la more les piéges imprevns; «« Elle n'eft point, tant que nous fommes: « Quant elle eft, noas ne fommes plus.

« Pour nous, mes chers amis,/w aye-je ajouté% " oublions lepaffé ; regardons le comme un fonge , « 1'avenïr eft incertain;nous ne tenons que le pre« fent; ainfi jouiflbns-en, puifque nous le poffedons

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