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voudrois qu'ils Juffent les grands Pcètes Homere, Virgile, quelques Odes choifies d'Horace, quelques veis d'Anacréon. Afin qu'ils pris. fent le grand goüt de 1'éloquence, Je mettrois Démofthene & Cicéron entre leurs mains, on leur feroit remarquer en quoi differe le mérite de ces deux grands orateurs. Au premier on ne fauroit rien ajoüter, au fccond il n'y a rien a retrancher. Ces leclures pourroient être fuivies des belles Oraifons funebrcs de Boffuet & de Flèchier, du Démofthene & du Cicéron fran* cois, & du petit Carême de Maffillon rempli de traits de la plus fublime éloquence. Afin de leur apprendre dans quel goüt il faut écrire 1'hiftoire, je voudrois qu'ils luffent Tite-Lhe, Sallufte, Tacitejon leur feroit remarquer en même temps la nobleffe du Style, la beauté de leur narration, en condamnant toutefois la crédulité avec la quelle Tite Live donne a la fin de ehaque année une Lifte de miracles les uns plus ridicules que les autres. Ces jeunes gens pourroient en« fuite parcourir 1'biftoire univerfelle de Bofluet, & les Révolutions romaines par 1'Abbé de Vertot ; on pourroit y ajoüter 1'avantpropos de l'Hiftoire de Charles quint par Robertfon. Ce feroit Ie moyen de leur former le goüt & de leur apprendre comment il faut écrire; mais il le Reéteur n'a pas lui-même ces connoiffances, il fe contentera de dire;ici Démofthene emploie le grand argument Oratoire; la, & dans Ia plus grande partie du Difcours, il fe fert del'Enthymême; voila une apoftrophe, voici une profopopée; en tel endroit une Métapbore, dans 1'autre une hyperbole. Cela eft bon , mais il Je maitre r,e releve pas mieux les beautés de 1'au{.eur, & lu'il n>n faffe pas remaiquer lesdcfauts

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