Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

[A] 225

cela ne doit pas furprendre; un Moine, pat exemple, ne fe tróuverait-il pas bleffé parmi nous, fi on 1'accusait d'avoir fait des Enfans, contre fon vceu de chafteté ? II parait que les é-Aréoys font dans le mêmecas, & la dernière remarque du Voyageur anglais tombe a-faus). Dans les affemblées que tiennent les é-Aréoys, & dans les voyages qu'ils font, ils fe nourriffentdes végétaux les plus exquis; ils mangent beaucoup de porc, de viande de chien, de poiffon & de volaille, que les Towtows, ou la Claffe inférieure du Peuple, leur fournit avec empreffement. On leur prépare auffi une boiffon de racine de poivre infusée, dont ils font une confommation étonnante. Les plaisirs fenfuels les accompagnent pai>tout oü ils vont; i!s ont de la, musique & des danfes, qu'on dit être très-lafcives, fur-tout. la nuit, quand ils ne font vus de Perfonne. II n'y a pas pour une feule raison de 1'exiftance de cette Société inju-, rieuse a la Nature : La néceffité d'entretenir un corps d? Guerriers toujours fubfiftant, pour défendre le Peuple, qui eft lache & timide, eft une feconde raison , que donne le Voyageur anglais. Pour aider encore a ce but, & leut óter toute tfpèce d'attachement, les Femmes qu'ils ont avec ëüxV font communes. Cependant quelques é-Aréoys fonf mariés; il parait qu'ils font les maitres de le faire ou non , depuis que le relkhement f'eft introduit parmi eux : d'Autres ont une Maitreffe pallagère; la plupart ne voient que t des Proftituées; & peut-être font-ils eause du grand nombre de ces Malheureus qu'on a trouvé aö-Taiti, &c.J Quand on confidère le caradère doux & tendre des Taïtiens , on ne concoit pas comment ils peuvent mafiacrer leurs Enfans 5 ( on eft révolté de la barbariefarouche du Père, de 1'impi, } toyable dureté de Ia Mère, qui étouffe la voix & 1'inftinét de la Nature ; mais la coutume éteint tous les fentimens &

Q ij

Sluiten