Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

( =43 )

<?er a ce droit; il n'y a que 1'ignorance qui puiffe lé méconnoitre ; il n'y a que 1'injuftice qui puiiTe ]e ravir : enfin il n'y' a que la ftupidité la plus profonde qui puiffe rendre infenfible a un bienfait que la nature deftine a tous les habitans de la terre. On voit pourtant des peuples que 1'habitude a prefque identifiés avec leurs chaines, & qu'une longue inertie a rendus indifférens aux charmes de la liberté. Les prejugés de 1'éducation . la non habi» tude de pen fer , 1'mdolcnce, la lége>eté, & furtout la crainte étouft'ent dans des nations entieres jufqu'au defir de fecouer le joug de 1'efclavage. Le nom même de liberté eft indonnu k ces peuples orientaux que la rtligion , 1'ignorance & un aviliflement héréditaire livrent depuis des milüers d'années aux caprices & a la tyrannie de leurs chef?; comment ces infortunés defireroient - ils un bien dont-ils n'ont nulle idéé? Ce défir, s'il naisfoit dans leurs ames, feroit une révolte contre leciel, qui, dans leur maniere de penfer, veut que les hommes ibient malheurcux ici bas. D'une autre part, il eft ëes peuples amolis par le luxe & qu'un defpotifme mitigé endort dans 1'efclavage. On croit être libre paree qu'on peut fe livrer quelquefois k fa pétulance., aux faiilics momentanées de fon efprit, ou a de vains propos, que méprife un gouvernement trop puiffant pou>- craindre les mécontens: on croit n'avoir pas de fers paree qu'il eft permis d'en parler. Vainement chercheroit - on dans ces ames énervées, cette indignntion profcmde contre 1'oppreffion \ qui devroit s'élever dajis le cceur de tout homme qui fent fa dignité ; vainement y chercheroit-on cette noble fierté lans laquelle il eft des fujets & point de citoyens; vainement s'attendroiton d'y trouver cette fiöble ardeur dont s'embrafë celui qui médite les douceurs de la liberté j ces paffions font trop grandes pour des ames foibles & étroites. Dira-t*on a ces hommes légers & infenfibles, que des impóts exigés avec rigueur, rendent

Sluiten