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France, c'en eft fait de notre gouvernement, de ros !ois & de notre religion. D'autres puilTances font en païx avec la France, Le Dannemarck, la Suéde, les cantons Suifl'es font-ils donc anéantis, quoique alliés avec elle? & cette Répub'ique de Génes que nous avons fi ctuellement traitée, ne s'applaudit elle pas de 1'amitié des Francais? Les Etats Unis d'Amérique ne jouifient - ils pas d'une brillante profpérité, d'une grande fureté, quoique leur beau gouvernement foit aufli fondé fur les droits de 1'homme, & par lil même trös-rapprocbé de ce qu'on appelle la pefte francaife. Ces Erats-Unis ne viennent il pas de conclureun traité avec nous? Pourquoi donc la coutagion ne feraitelle a craindre que pour nous? Je m'éronne toujours de 1'entètement de certains hommes qui ferment les yeux pour ne pas voir les faits qui combattent leurs chimériques théories.

,, La révolution fianpaife exilfe depuis 1789, & Genêve eft cependant le feul Etat qui en ait éprouvé une a peu prés femblable. Comment pourrait-elle arriver jufqu'a nous ? nous ferait-e le apponée par quelques mifliontiaires débarqués a Douvres? car , graces au ciel, le miniftre ne nous parle plus de tous ces complots contre la conftitution , quifem-

blaient fclfrayer tant depuis deux ou trots ans. Tous ces rèves n'ont pas é«é perdus pour lui, puirqu'avec quelques billi il eft venu a bout de xendre la monarchie anglaife beaucoup plus abfolue qu'elle ne fa jamais é.é.

On s'eft plaintdupeu de zele déployé pour Ie foutien de la guetre. Quand je propofais, il y a un an, de négocier avec la France, 011 ne fe plai. gnait pas de cette froideur.

„ Elle nedoit pas nous étonner aprè< Ie mépris que les miniitres ont fi long-tems profefié pour la France? On nous demandait autiefoisquelleraifon nous avions de croire que les Francais feraient plus qu'ils n'avaient fait dans les guetres précédentes? Les faits ont parlé. Je conviendrai, fi i'on veut, que les réquifuions contre lefquellesle miniftre s'eft élevé, font des moyens tyrannïques. Mais fi une armée francaife était au milieu de nous, ces moyens ne feraient-ils ras légitimés par la nécefïïté?

„ Les miniftres nous peignent la révolution francaife comme uu fleau, & ils nous demandent fi nous voudrions p^ndte pour nous un fi rnauvali gouvernement. Mals le gouvernement qui pefait für la France, depuis plufieursfiécks, était-ildonc fi bon? Le gouvernement de Prcffeeft-il unenierveille? Approuvons-nous les horreurs commifes en Pologne? Nous les tolérons néanmoins. Je ne vols donc pas pourquoi nous nous indignerions coutre Ie mauvais gouvernement des Francais, s'il eft cnoi'.i par eux.

„ Dans les guerres précédentes, nous avons recu-

r et fait des propofitions de paix: je n'ai jamais ouï dire que ce füt fe dégrader. Depuis quand une ouverture de paix eft • elle un afte de foumiffion? Commencez par déclarer que vous ne voulez poner aucune atteinte au gouvernement aftuel de France; alors nous ferons d'accord fur 1'Adreffe au roi. Ce ferait óter a la France un de fes plus forts argumens. Alors la Convention ne pourrait plus dire au Peuple.- Vous voyez que les puiflances érrangöres attaquent votre indépen! dance, & veulent vous impofet le joug. j „ II n'eft pas d'exemple de calamités femblables I a celles que nous avons éprouvées. Nous avons, I il eft vrai, conquis la Martinique, Sainte-Lucie, une partie de la Guadeloupe & la Corfe. Mais qu'ont perdu nos alliés? Toutes leurs conquêtes en France, les Pays-Bas, la moitié de la Hollande, toute la rive gsuche du Rhin, une partie j du Piémont, la Catalogne & toute la Navarre. i Qu'eft-il arrivé fur les mers? C'eft a tort que le I roi nous a annoncé, 1'année derniere, que In. flotte de Toulon était anéantie. Une efcadre nombteufe eft prête a fortir de ce port.

,, Dans l'Océan, nous avons, il eft vrai, rempor. té une victoire navale brillante & immortelle). I Mais fi 1'on en croit plufieurs rapports, dans cette journée même, la flotte francaife était fupéI rieure a la nótre. La marine francaife a repu un frand échec, mais il n'eft pas irréparable. Car i d'après tous les bruits qui circulent, ils ont en ce I moment a Breft, une flotte que nous pouvons a peine égaler. 11 faut donc nous attendre a une nouvelle réfiftance en mer. Si nous battons 1'ennemi, il fe relevera. Si nous étions battus par lui, les conféquences en feraient incalculables.

„ Nous nous foumettrons, dit-on, quand la néceflité pariera. Mais alors ce fera vraiment un opprobre. Alors nos ennemis fanront que nos moyens font épuifés. Abandonnons donc au plus-tót, le projet abfurde de donner un gouvernement a la France, & offrons-lui Ia paix. Nous le pouvons fans deshonneur.

„ Mais quelles en feront les conditions? s'écrient les miniftres. C'eft a eux de les déterminer & de fuivre les négociations. Mais il ftudra , dit on, abandonner les Colonie» Francaifes & les royalilles qui les ont fécondés. Cet argument eft fort, j'en conviens. Mais ce n'eft pas par mes confeils qu'on a ten-du la main aux royaliftes. La honte de cet abandon retombera fur les miniftres feub. C'eft a eux d'en répondre.

,, Je viens mai::tenant a ce quiconcerne nosaW lié . Quelques membres ont afluré que nous n'en avions plus, & on leur a demandé le motif de cette affertion. Ils l'ont puifé dans Ie difcours même du Roi. 11 y eft dit, que la Hollande né-

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