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Le spectateur républicain

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UTHECHl", 5 /*tir/7. Après une révolution commencée avec autant de douceur & de modération que celle qui s'eft effectuée m milieu de nous, il eft bien douloureux pour un ami de 1'humanité de voir fuivre les désordres & les agitations inteitines. Ce qui s'eft pafte fucceiTivement lui difTé rens points de la République, prouve également, & que les efprits ne font rien moins qu'unis , & qu'il eft plus urgent que jamais d'établir un gouvernement définitif 6? flable, a la place des autorités provifoires. Sars être grand politique, le Spectatêur qui eft ami zélé de i'orJre , de la juftice & de la tranquiliité, croit que c'eft la feule mefure qui puifle fauver la patrie; & il etl perluadé, par la même raifon, qu'on a déja beau coup trop temporifé, & qu'il n'y a pas un inftant a perdre pour mettre la main a 1'oeuvre. Un gouvernement flable, librement étu par 1'univeifslité des citoy ens, peut guérir encore les plaies nombreuiés de la République, & lui rendre Ie calaie St le bonheur. Mais il faut pour cela laiflér la liberté la plus ilümitée aux électicns, afin que les mandaiaires du peuple re» vêius de toute fa confiance, puiffent compter fur fon dévouement, & travailler fans obftacles au bien public. 11 faut enfevelir les haines & les vengeances per Ibnnelles, reaoncer a tout efprit de parti, & n'avoir a'auite point de réunion que f amour de ia patrie. Avec de telles dispofitions on peut faire des prodiges; mais on s'expofe a tout perdre par la difcorde ötlafaiblefle.

Le Spectateur croit enccre que le meilleur moyen de confolider une révolution & d en affurer pour long tems la durée, c'eft de la conduire de manière que tous les citoyens comparant leur état avec celui oü ils fe trouvaient auparavant, puiffent dire qu'i's y ont j gagné. Tous les couirs, tous les intéréts s'y trouvant ainfi fortcment attachés, formeraient autoura'elle j uu rempart inexpugnable, également a 1'abri de la lor- j ce & de Ia féduc'tion.

II faudrait , pour cet effet , que les Etats-Géné- ! raux publiaflent au plus vite uu plan uniforme pour l'afl'eniblée du Peuple dans toute 1'étendue des fept Provinces, & pour 1'organifation des autorités qui doi. vent remplacer les auto:ités provifoires; que ce plan f fut cnvoyé ii toures les villes, villages & diftiieti,] & que 1'on fixa fans délai le jour de fon éxécution. Les intéréts du peuple, les relations politiques cx com- \ merciaks de la tépublique, commandent haurement \ cette meiure, & chaque inllant de retard ne peut que potter les coups les plus fenfib'.es au bien public, & j eniretenir de plus en plus la défiance & Ia défunion.

D'ailleurs, s'il eft vrai, comme on le débite, que' les miniftres p'énipotentiaires de la République auprêsi de la Convention, ont été déclarés par elle inhabiles! a traiter, comme n'éiant nommés que par un guitver-1, nenïcnt provifoire, fee qui pourtant mérite a tous é

de la uonvention , ont ere oeciares par ene ïnnannes ; a traiter, comme n'éiant nommés que par un gmtver-'. nenïcnt provifoire, (ce qui pourtant mérite a tous é

gards confirmatlon,-) fi ce bruk eft vrai, dis je, cette

circorftance rendrait In mefure que je propofe, non feulement neceffaire , mais ehfolumcnt indifpenfab.'e. Car il eft de la dernieie impor.ance que 1'on fixj enfin, & que le public connaiffe, les rela-ions qui doivent exiiter déformais entre notre République & la République Francaife. Tant que ce grand objet nefeM pas déterminé & folemnellement avoué par les deux parties contrsélautes, notre pays fera toujours dans un état de fluctuation auffi pénible pour tous les bons citoyens, que dangereux pour Ia chofe publique.

Le Spectateur foumet ces idéés au jugement de fes concitoyens; il les prie de le relever, s'ils croyent qu'il fe trompe.

(Suite dis Discours de BotSST" d'AnglasO

„ Legiflateurs, fefons notre devoir; nous ne pouvons rendre la vie a ceux que le crime a frappés,mais confolons du moins leurs manes qui, dans cet inflant ,nons fuivent, nous environnent, nous preflent, & planent dans cette enceinte: iis nous demandent de rendre a leurs veaves, a leurs freres, a leurs enfans, le bien qui leur appartient. Serez vous fourds a leurs plaintes, & inl'enfibles a leurs gémiü'emens, inacceffibles a leurs rep oches? . . . . Ou ofe dire que ces biensfont néceflaires au Peuple.

,, Peuple Francais, leve toi tout entier avec indignation.' repouffe avec horreur ces dépouilles fsnglantes.' rtjette ce honteux iribut; il eft indigne de toi; ildoit te faire frémir; il \A rendrait le complice desmonftres que tu pourfuis, des raflaMins que tu déteftes, desvoleurs dont tu ordonnes Ie fupplice. J'aientendu, je 1'avoue avec douleur, dire aces orateurs doet j'eftiDH 'e caraftere, que, dans le torrent des événemens, i! eft impoffible que quelques families ne foient pas f oiflées par le char de ia révolution, qu'elle» doivent a la Patrie le facrifice da leurs pertes, & qfil faut qu'elles fe contentent de réclamer des iiidemnités.

„ Ah.' Citoyens, fe peut il que 1'effet de nos malheurs paflès foit de deffécber ainfi nos ames, de nous faire envifager d'un ceil fee ie déch rement, la ruine entière, le défefpoir de tant de families, & de nous porter a affaiblir ce douloureux et effrayant fpeétaeie par des exprelïïons fauffes, fi froides & fi dures? Nos pénibles fvufFiances , nos angoifles mortellesn'au-aienteiles pas dü au contraire redoublercettefenfibiiitéqui, loin d'être une faibleS*, eft la vertu véritable: & le fublime amour de l'r.umanité n'aurait-il pas dü nous porter a effacer avec enihouliafme, a calfer ces alfreux jugemens qui fouillent les pages de nos auna'e??

,, Mais puifqu'on veut enfin, en glrcantlesfentimenj iténéreux d'une grande Nition, les foutnettre aux differtations de 1'efprit, au c^oas de la raifon , au cal. cul de l'intérêt, aux combmaifoni de la politique, je vais temer cette épreuve; vous verrez bientöt, Citoyens, combieu les obftacles qu'on vous oppofe font