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Le spectateur républicain

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frivile-, & je vocs cdnvalncril que tarefl'tution dont la juftice tous fait atjourd'hui un devoir facté, lciu d'être préjudiciable a l'ioterét public,vous eft au contraire diftée pat ce même interét; que la uifoi la veut, qne la politique la demande, & que le crédit public 1'exige. Je feiai court: l'évidence combat le foph-fme en peu de mots, les ombres de 1'erreur s'évanojiflent aux premiers rayons de la vérité.

,, On croit qu'il eft contre 1'intérét public dereftituer la totalité de leurs biens aux families qui en ont é:é dépouillées ; que c'eft aaetvuer la richelfe publique. D'abord, je ne fais pas ce qu'on veut dire en parlant d'une richeffe publique bitie fur la pauvreié des particuliers; c'eft uu fophifme barbare, créé dans 1'antre féroce des Jacobins; mais ce que je fais, c'eft que fi vous ótés oe la valeur de ces biens les dottes qu'il faudra que vous payiez , les fommes qu'il faudra que vous donniez, de manière ou d'autre aux veuves, at!x enfans, aux domefliques, aux penfionnaires, aux ouvriers que faifaient vu re les propriéiaires de ces ƒ• rtunes, & tous les frais de leur adminiftration , il faudra alors enretrancher prés des deux tiers.

„ Et s'il eft vrai, comme je le crois, que , malgré tous les efforts de Robefpierre & de fes comp ices, la valeur to a'e de ces biens ne s'éleve pas a plus de 1 trois on quatre cents nvilions, s'il eft vrai du moins que les opinioni les plus exagérées ne la portent pas au doublé de cet appercu ; voyiz, Citoyens, quelle eft la mo Jique fomme qui vous teliera pour 1'oppofer au cri de la juftice. Et jugez fi, dans cette étrange compenfa ion, on vous dor.ne affez d'argentpour vous dédomma^er de I'infamie d'un pareil impót, pour racheter la démoralifation complette oü vous précipitez la Nation, en enga;eant les particuliers a acquérir le réfultat d'un vol manifelle & le fruit d'un aflalÏÏnat publiquement recomu.

,, On prétind qu'il eft impo'itique de réirograder. Ju. ftes dieux! quelles maximes & quelle politique délirantesl . . . . & oü nous auraieutelles conduits, fi nous n'avions pas eu déja le courage de rétrograder en ouvrant les prifon», en annullant les déponations injuftes, en ordonnant h levée du fequeftre des biens des citovens tendus ii la liberté, en réparant avectant d'emprefiemcnt un fi grand nombre de calamités dont la tyrannie de Robefpierre a;ait inondé la France/... Ah! fi jamais ces maximes étran^es étaient adopties, que deviendrait le genre humain? Les pas des tyrans feraient donc ineffscable?; dés qu'un ciime ferait commis, tout efpoir dejuft.ee ferait donc perdu fans retour? La morale des peuples libres fe réduirait donc a blarnjr les maximes des oppreileurs de 1'htimanité, en conCacrant leur btigandage? Le fénat de Rome aurait donc mnt.qué aux lo's^e la politique en reftituant

LoNORtis. Le Roi vient d'ordonner a tous les corfaires anglais de courrir-lus aux vaiiietux llodandais, óc en génétal ii tous les vaiffeaux chargés de provifions navales ou militaires.

Tot-'lox. Nous venons de\oir enfer ici le vaifleau anglais \zfVarivicb de 74; mais on eft en peine poule fameux vaiffeau francais, le Sam- cvlotte.

A Utrecht, de l'Inpiinlcrie du Spectatixr- Rep u blicaxm.

a C'cdron fa maifon, dont l'lnfame Clodius 1'avattFait dépouiller? Collegues, ma politique, je 1'avoue, elt bien differente, Je crois que le feul moyen d orer rout efpoir aux tyrans a venir, c'eft de montrer aux tyrans pafl'és que non-feulement ils ne peuvent efpérer i'impuni é; mais qu'aucune de leurs confifcaions ne peut être folide. Si on avait puni Syll'a, Cé;ar n'aurait pas exifté, fi les families profcrires par Sylia avaient recotivré leurs biens, les agens d'Antoine, dVdave & de Lepide ne les auraient pas ftrvis dans leurs profciiptions. Voulez vous mettre la liberté a l'abri des atteinte de la tyrannie & de la cupidité, alfeyez la fur l'autel de la juftice, Sc placez la fous la fauvegardede la vertu.

,, On nous dit enfin ,& c'efl la 1'argument le plus répété , que cette reftitution prématurée affaiblirait la confiance due aux aflïgnats en diminuant leur hypotheque: & moi, appuyé fur le témoignage des hommes probes de tous les tems, je foutiens que ces proprietés, qu'une avarlce fanglante s'obftiue a arracher ii 1'innocence malheureufe, 1 in d'augmenter la foiidité de notre monnaie, la difcréditent, lui enlevent tou» te confiance & Pannullent entiérement. Je foutiens que le re.ard que vous mettez ii être juftes envers les fimilles des condamnés, eft une des principales caufes du difcredit de vos aflïgnats & par fuite, de la hauffe de tous les prix.

Vos affignats font des billets dont la garantie eft votre loyauté. Ils repofent fur le crédit que vous avez droit d'obtenir, b:cn p'us que fur toute autre bafe. Leur valeur eft fubordonnée, a la ftabiluéde vos loi?, il la pureté de vos principes. En offrant a vos créanciers , pour garantie , des propriétés qu'ils fentent bien que vous n'avez pas le droitd'hypothéquer, vous atténuez 1'effet de la garantie inconteftable, & plus que fuffifante, qui réfulte des autres biens nationaux.

La bonne foi, voila la bafe du crédit; fi nous volons le bien des particuliers, de quel droit exigeronsnous qu'on premie confiance e:i notre monnai.*? quel fera le garant de nos promelfes? qui voudra fe repofer fur la foi de nos engagemens? quel eft f homme qui pourra compter fur la loyauté d'un gouvernement qui ne faura pas être jufte, qui préférera l'argent a l'honnetir? quel eft le Francais qui ne cherchera pas a placer fes fonds dans des mains plus pures? quel eft l'étranger qui voudia acheter ces terres, la véritable bypotheque de nos afiïgnats, lotfqu'il apprendra qu'il s'étab'.it dans ure malheureufe contrée oü fa familie perdrait fes biens s'il était immolé par untyran, quoique la Nation entière pleurat fa mort, honorat fa tri émoire & punit fon meurtrier

(La fin une autre fais.)