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OU DES PROVINCES. UNIES, Liv. XXXIII. Skct. VIII. 23

fes mutins, rebelles aux Loix , ennemis du Roi & de 1'Etac; il fuc ordomié que les- habitans prendroient les armes pour repouffèr les violences de cette loldatefque effrénée (1).

Cependant les Efpagnols qui avoient para foufcrire avec joie cette fcntence , n'en favorifoient pas moins en. fecret les mutins. Leurs manoeu vres furent bientót découvertes. Les habitans de Bruxelles confondant dans leur haine Pinnocent & le coupable , coururent a la Salie du Confeil , fe . faifirent des Magillrats & s'affurerent de leurs perfonnes. (2) Le Prince ' d'Orange profua" de cette circonftance pour renouveller fes inllances auprès ' des Provinces: celles de Hainaut, d'Artois & de Flandre formerent une union, & laquclle les autres Provinces aecéderent,a 1'exception du Luxembourg. Cette nouvelle Confédération ne garda plus de mefures dans fes , démarches, Ce n'étoit plus les mutins d'Alofl qu'on déclaroit rebelles & i ennemis de VEtat; c'étoit tous les 'Efpagnols : on rappelloit dans des' manifeftes éloquens les anciennes caufes des troubies de la Patrie, la tyran- \ nie du Duc d'Albe, la cruauté des Inquifiteurs, les tortures,les exactions& j les perfécutions de toute efpece employécs contre les malheureux Flamands: on finiffbit par implorer contre des tyrans fans foi, Ie fecours du Ciel vengeur des foibles opprimés, & 1'affiffance des Puiflances voifines.

Les Efpagnols de leur cóté fembloient jaloux de donner aux Confédérés de nouveaux fujets de plainte: Vargas mit au pillag'e la ville de Maffrïcht. . D'Avila, Gouverneur de la Citadelle d'Anvers, fecondé par les mutins i d'AIoft, entra dans la ville & la faccagea. Les barbares qu'il avoit fous ' fes ordres, firent main baffè fur tout ce qu'ils rencontrerent. Une partie de Ia ville fut réduite en cendre. Anvers paffbit alors pour la ville la plus fforiflaute du Nord. Elle fervoit d'entrepót a toutes les villes cofflmercantes de TEurope. ' Les Efpagnols en enleverent plus de quatre millions en efpeces, fans compter les- meubles précieux. La nouvelle des défaftres de Maftricht & d'Anvers excita encore plus d'indignation dans les Pays-P»as qu'elle n'y imprima de frayeur; on fentit qu'il n'y avoit plus de falut k efpérer pour les Prorinces, fi les Efpagnols y demeuroient davantage. Les Députés des différentes contrées des Pays-Bas conclurent a Gand le Traité célébre, connu fous le nom- de Pacification de Gand. (3) II fut 1 arrêté' par ce Traité, qu'il y au'roit a 1'avehir une amitié fincere & durable : entre les Etats de Brabant, Flandre, Hainaut, &c. & entre le Prince ! d'Orange & les Etats de Hollande & de Zélande; que les offenfes mutuelles feroient mifes en oublij que le commerce qui avoit ci-devant uni ces Provinces, feroit rétabli; que toutes les Provinces réuniroient leurs efforts pour chafier les Efpagnols & leurs adhérens hors de leurs frontieres; que dès que lés étrangers auroient été forcés a fe retirer, on convoqueroit les Etats, ainfi qu'ön l\iv'oit fait fous le regne de PEmpereur Charles V, & qu'alors on prendroit de juftes mefures pour rétablir 1'ancienne forme de gouvernement, & effacer les traces de la tyrannie du Duc d'Albe. Que les Editsrigoureux que ce Gouverneur avoit publiés, par rapport a la religion & aux troubies, demeureroient fufpendus jufqu'a ce qu'il en fut ordonné autremenr,

CO De Meieren Liv. V. (2) Grotius Ann. Lib. II. (3) De Meteren Liv. VI.

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loliande, !574 '5«4i

ïe Confeil VEtat' eft tri êié'.

^lufïeurs>rovincese rêunis"ent contre' es Efpagnols.

les Efpaa'tiols pilent Mas'richt &: dnvers.

Les difé■entes Pre* nnces con■luent a\ land un rraité d7ulion,

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