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HISTOIRE DE HOLLANDE, &c.

Sect. XII!.

Hifi. de I Hollande, 1697 , jufques a nos jours.

Êtahliffc. went d'une Académie de l'einture.

Ann. 1767 ■

Mariage du Stadhouder.

des trein fports de joye. L'enthouflafme étoit général & 1'amour des Peuples éclata par les témoignages les moins équivoques.

La première marqué que ce Prince donna de la protecbion qu'il accordoit aux arts, fut 1'établiflèment d'une Académie de peinture & de deifin, qui s'étoit formée k la Haye, & dont il accepta la préfidence, avec le dire de Proteéteur que cette fociété lui offrit.

La fatisfaétion que le Stadhouder recevoit de tant de preuves d'amour & de refpecl, fut troublée par quelques calamités; un incendie confuma le village d'Hiiverfum dans le Ooiland, compofé de deux eens maifons; 1'églife fut auifi la proie des flammes. Quatre ou cinq maifons furent brülées a la Haye. Ce qu'il y eut de plus déplorable dans cet incendie, fut la mort du marchand, dans la maifon duquel le feu s'étoit d'abord manifeflé: échappé au danger, mais apprenant que fes trois enfans font encore dans la maifon, il s'arrache des bras de fon époufe & de fes parens, s'élance k travers ces brafiers, dans 1'efpérance de délivrer ces infortunés & périt avec eux. . r •

Le Prince avoit parcouru les différentes Provinces pour sy faire mftaller : de retour a la Haye & plein de la douce fatisfaétion de favoir qu'il étoit adoré des peuples, il s'occupa des préparatifs de foff mariage avec S. A. R. la Princeflè Frédérique- Sophie- Wilhelmine de Pruflè. Guillaume V partit le 20 Septembre de la Haye & fe rendit k Bcrlin, oü le Roi de Pruflè avoit projetté les fêtes les plus brillantes. 11 y arriva le quatre d'Oétobre, & le lendemain décoré des marqués de Pordre de 1'aigle noir , dont le Roi 1'avoit revêtu , fe rendit avec la Princeflè Wilbelmine dans une falie du palais, oü ils furent mariés. Bals, illuminations, feux d'artifice, banquets, enfin toute forte de divertiflèmens remplirent 1'intervalle du quatre au douze, jour du départ du Prince & de la Princeflè pour la Hollande, oü leur mariage fut encore le fujet de la publique joie & des fêtes les plus éclatantes. Deux Princes & une Princeflè , ifiiis de ce mariage , pourront fe faire univerièlleinent chérir par la Nation, fi, au lieu de fuivre les traces des Stadhouders qui fe font arrogés le droit de gouverner en Souverains, ils prennent pour modéles ceux qui ont fenti qu'un Stadhouder (1) n'eit que ie; Lieutenant du Souverain, Repréfentant du Peuple, & fi le lang de Frédéric - Henri, dont ils defcendent par leur Mere, peut faire revivre en eux fes talens 6c fes vertus.

Nous jugeons' k propos de finir ici cette Hiftoire. Les evenemens qu'elle fournit depuis quelques années, font ou trés peu importans, ou trop recens & trop connus par les Journaux Politiques & autres papiers publics, pour qu'il foir befoin que nous en faffions le Narré; d'autant que bien des faits doivent s'éclaircir par le tems, & que la crife oü cette République fe trouve aétuellement, exige d'un Hiftorien impartial, de fufpendre fon jugement, & ne lui permet pas d'en faire une relation défeétueufe, dans un ouvrage confacré k la Poftérité.

tl 1 o-

(O Lieutenant eft Ia véritable fignificacion du mot Stadhouder.

Fin de VHiftoire de Hollande, ou du Livre Trente-troifieme.

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