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Traité général du commerce.

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TRAITE GÉNERAL

§ II. Banque d"Amjlerdam.

Parmi tant de faciÜtés introduites dans 1'exercice & les opéradons da Commerce , & qui font autant de moyens pour lui donner une nouvelle aciivité, l'on doit confidérer comme une des principales, 1'établilfement des Banques. Cette confidération jointe a eelle de 1'avantage qui réfulte de ces fortes d'établifiemens, pour concourir a la fixation du prix &de la valeur des efpeces, engagea la ville d'Amfterdam, dont le Commerce avoit déja pns de grands accroilfemens, a former vers le commencement du dernier fiecle; > la Banque dont nous allons donner la defcription. Nous remarquerons d'abord que ce que la Banque d'Amfterdam a de particulier, & en quoi elle differe de prefque toutes les autres, c'eft qu'elle eft purement dépofitaire & ne paye.point d'intérêt de fon dépot; celui-même qui y dépofe des efpeces, pour les retirer enfuite, étant tenu au payement d'une certaine rétribution, ainfi que nous le dirons ci-après. ^ ^ La ville d'Amfterdam, de 1'autorité des Seigneurs les Etats, lors de l'établiHement de la Banque, qui fut fait le 31 Janvier 1609, s'érigea en caiflier perpétuel de fes habitans, en prenant d'eux 1'argent deftiné au payement des lettres de change. En conféquence, il fut ordonné que le payement des lettres de change ne pourroit fe faire qu'en Banque, a moins que la fomme ne fut au-deflbus de fix cents florins, qui furent enfuite ré duits a trois cents, perfonne ne pouvant écrire une moindre fomme en' Banque, fans payer fix fois , n'y ayant que les Compagnies des Indes Orientales & Occidentales, qui aient ce privilege, foit pour recevoir, foit_ pour payer. II réfulta donc de cette difpofition, que la Banque devint bientöt la dépofitaire & 1'agent prefqu'univerfel du Commerce de la ville.

Tous les payemens s'y font par un fimple tranfport, ou affignation des uns aux autres, comme cela fe verra ci-aprés. Ainfi , celui qui eft créancier fur les livres de Ja Banque, cefle de 1'être , dés qu'il a aiïigné fa partie a un autre, lequel eft couché pour créancier a fa place, & ainfi confécutivement, des uns aux autres, les parties ne faifant que changer de nom, ce qui conftitue un payement réél & effeftif.

II faut remarquer ici que, quoique par 1'ordonnance de l'établiflement de la Banque, cité ci-defius, le payement de toute lettre de change tirée de 1'étranger & qui fe négocie fur 1'étranger, doive fe faire dans la Ban-, que: cependant cette ordonnance eft fans vigueur; attendu que de plufieurs parties de l'Europe & de 1'Amérique, on tire fur Amjlerdam payable .en argent courant effecbif, & quele payement de ces lettres de change fe fait ainfi hors de la Banque, & peut s'exiger' légalement. Toutes les lettres de change tirées d'une partie de FAilemagne, de la Norwege, de Dannemarc, de la Suede, d'une partie de Ia Mer Baltique & de toute la Rufiie, ne font payables qu'en argen't courant, & fe payent fansl'entremife de la Banque.

COMMERCÏ 6Ï1

Provincïi-

Commerce d''Amfterdam,