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De la Tragédie. 3 t

Ia douleur d'Andromaque que nous donnons des larmes. Si 1'Aclrice ne fe fait point oublier, nos mains pourront 1'applaudir; mais nos yeux ne pleureront point fur une douleuf artificielle. Et, pour le dire en paflant , il m'a toujours paru que nos Spedateurs, furtout ceux qui fe difent connoiffeurs , n'ont jamais connu 1'illufion , ni par conféquent le vrai plaifir des fidions dramatiques. L'Adeur femble leur procurer tout celui qu'ils éprouvent; c'eft a lui feul qu'ils adrefient leurs cris de fatisfadion. Qu'une Pièce choque la Nature , la raifon , la ve'rité, fi elle eft bien joue'e cela leur fuffit. Ils ne diront jamais: Que cela ejl vrai ! mais , que cela ejl bien joué! Quand nos femmes fe récrioient fi plaifamment d'un Adeur aflez Iaid : Qu'il ejl beau! il eft certain que ce n'e'toit ni Acbille , nï Rhad amifte , ni Cinnaqu'elles louoient ainfi, mais 1'Adeur, qui , a force d'art, réparoit a leurs yeux les difgraces de la Nature. Elles jetoientfur lui ces regards de complaifance, qu'elles portent fur elles-mêmes au fórtir d'une 'ongue toilette; & peut-être , fans le favoir, elles admireient en lui, comme un

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