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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIH. Sect. VI. 513

foutenoient que pour anéantir le Proteftantifme il n'y avoic qu'a laiiTcr faire les Inquiïïteurs, a les foutenir èk a forcer le Peuple de recevoir le Conciie de Trente, & que pour faire ceflèr la mauvaife adminiftration de la juftice, il fuffifoit de ne point aifujetdr les fentences a la reviiion du Confeil d'Ltat; ils ajoutoient que pour de fimples opérations, la préfence du Roi étoit fort peu néceffaire. ,

Le Prince d'Orange répondoit, que ce n'étoit point par des memoires qu on pouvoit convaincre ie Roi de la néceffité d'employer des remedes efficaces, èk qu'il falloit Pinformer de vive voix de 1'état aétuel des Provinces; que le Comte d'Egmond fe chargeroit de cette commiflion, fi la Gouvernante le jugeoit a propos. Elle y confentit; & Viglius fut chargé de donner fes milructions en plein Confeil. Elles devoient rouler en partie fur la réception des Décrets du Conciie de Trente. Philippe étoit réfolu de les faire recevoir dans tous fes Etats, & malgré les troubles qui agitoient les Pays-bas, il exigeoit une foumifiion entiere & fans réferve; la Gouvernante avoit fait part au Confeil des ordres abfolus qu'elle avoit recus a ce fujet. Lts avis furent partagés: le Prince d'Orange regardoit un grand nombre de ces décrets, comme contraires aux loix fondamentales de la Confiitution; (1) il Cit que, tandis que plufieurs Princes Catholiques les avoient rejettés, comme oppofés aux droits des Souverains, il y auroit de Pinjufiice de les propofer a ces Provinces; qu'en conféquence il falloit fupplier le Roi,, de révoquer fes ordres: fon avis fut appuyé de plufieurs Confeillers. Viglius opinoit pour 1'obéifiance abfolue; il précendoit que les „ faints décrets étoient U remede le plus efficace contre ïhéréjie qui défoloit les Pays-bas, & que c étoit par les Conciles Généraux, que de tous les tems ïEgiife avoit afj'uri fa doElrine & fa difcipline. 11 convenoit que quelques-uns des décrets fe trouvoient oppofés aux loix ék aux privileges du pays, mais il prétendoit cu'on pouvoit tout concilier en mettant de la modération ék de la prudence clans Pexécution. La Gouvernante auroit voulu fe conformer aux ordres du Roi, mais les remontrances qu'elle recevoit de tous cötés, la crainte que ces ordres n'achevaffent de révolter le peuple, la déterminerent h prendre le parti qu'avoit propofé le Prince d'Orange ék a députer en Efpagne le Comte d'Egmond.

Viglius fit la leéture de fon inftruétion; elle déplut aux deux partis. Le Prince d'Orange en fut furtout trés mécontent; il interrompit Viglius, en lui difant que ce tableau des affaires n'étoit propre qu'a tromper le Roi. II indiqua les points dont il falloit Pinftruire fans flatterie ék fans ménagement: il dit qu'il falloit lui faire fentir que la diflblution des mceurs du Clergé rendoit 1'Inquifition méprifable; que 1'autorité des Magiftrats étoit anéantie, paree que le peuple ne pouvoit pas refpeétcr des juges qui affichoient la haine; que 1'on ne pouvoit pas forcer les Flamans a recevoir les décifiona d'un Conciie que les Catholiques Allemans ék Francois ne vouloient pas recevoir; que, quoique Catholique , il n'approuveroit jamais que le Roi s'arrogeat un pouvoir defpotique fur les confeiences, ék prétendit privc-r fes fujets de la liberté de croire ék de penfer: qu'il ne falloit pas lui faire croire,

(O Watfon Hift. de Philippe II, T. I. L. 7. Tome XLIll. Ttt

Hijl. de

Hollande.

"555-I5Ó7-

Efforts des intolerant.

Difputes iu jujet de 'a réception iu Conciie.

Embairas de la Gouvernante.

Fermeti de Guillaume.

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