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Sect. VI

Hifi. de Hol ande 1555-15$

I565-

Départ 1 Com e d'Egmom

Projet 1 détruire t, Protefiuns

Philippe trompe Eg mond.

514 HISTOIRE DE HOLLANDE

, par un faux expofé, les Proteftans moins nombreux qu'ils ne 1'étoicnt & ne pas lui cacher que chaque province, chaque ville, chaque viltenen ■ étoient pleins; qu'il falloit en conféquence lui demander Ja révocation de _ fes bdlts, le rappel des Inquifiteurs, la fuppreffion du Confeil privé la réforme du Clergé, 1'abdication des nouveaux Evêques, & le fupplier'de fufpendre la publication du Conciie, jufques a ce que les troubles fuffeut appaifes. Vighus fut h confondu' de cc difcours, qu'ayant paffé la nuit a riéditer fa réponfe, d fut fiifi le lendemain d'une attaque d'apoolexic, dont 1 eut bien de la peine a fe rétablir. Hoperus prit fa place ék réditrea 1 inftruétion. b , . Le Comte d'Egmond partit ék trouva la Cour d'Efpagne dans des difpofi<» tions bien oppofees aux vceux du Prince d'Orange. Philippe & CVherine de , Medicis avoient comploté la deftruétion des Proteftans. Ce projet infernal auquel le Duc d'Albe avoit eu beaucoup de part, étoit tenu fort fecret' cependant le Prince de Condé & PAmiral de Chatillon en eurent de violens 'e foupcons & Condé en avertit le Prince d'Orange. „ Les méfiances des Hu' „ guenots, obferve le Préfident de Plainaut, firent naitre en France, la fe„ conde Guerre Civile ék donnerent lieu au commencement des troubles ,, dans les Pays-bas. " (1) Cependant ces méfiances n'étoient que trop bien fondees, malgré les précautions que Philippe ék Catherine de Médieis prenoient de cacher ces horribles complots fous le voile perfide de la douceur ék de 1'affabilité. Philippe en effet recut le Comte d'Egmond avec les témoignages de la confidéradon ék de 1'eftime: il ne fe démentie en rien tout le tems que le Comte pafia dans fa cour, foit qu'il efpérat de le gagner foit qu il neut d'autre defiein que de le tromper. A fon départ, U lui fit - préfent de cinquante mille fiorins, ék comme le Comte avoit plufieurs filles il lui promit de les établir avantagcufement. (2) Egmond, homme franc ék' fincere, fut ailément Ja dupe de ces proteftations: fi crut celles que le Roi lm fit pour fes fujets des Pays-bas ék il ne douta pas que ce Prince ne fut tres décidé a changer de maximes ék de conduite; il en étoit fi perfuadé qua fon retour dans les Pays-bas, il ne ceffoit d'exalter les bontés du Roi, .ék 1 amour dont il étoit pénétré pour fes peuples. (*)

O) Abf,é^ Chron- de m,'ft- d^Fr™ce' ann- 1565. (O Hifi. de Philippe II, par Wation, 1. I. L. 7. (O La Politique qui enveloppoit toutes ces trames etoit fi

cachée ; il regnoit parmi les Souverains une perfidie fi fburde, qu'ils cralerióiènt raêm? de seuvrir a leurs Ambafladeurs. Charles IX écrivoit au Baron de Fourquevaux fon Ambafladeur en Efpagne, au mois de Décembre 1565: „ Je n'ai voulu plutöt vous ref„ pondre, jufques a ce que s étant préfenté une occafion, 'je vous ai bien voulu faire cet„ te depêche pour vous avertir, comme je fuis depuis hier arrivé en cette ville fa Bloisl „ pour aviler 1 état de mes finances & plufieurs autres chofes trés nécefl'aires, pour le bien „ & foulagement de mon Royaume, qui elt, Dieu merci, du tout en paix & repos & le „ fera tncore davantage è favenir, moyennant le bon ordre que fefpere v donner- de „ quoi je lerai b.en aife que donniez fouvent avis, aux Roi & Reine Catholiques, 'mes „ bons frere & leeur, afin que fi on leur avoit voulu faire entendre quelque chofe au con- „ traire, ils puiflent connoitre par ce que je vous écris & 1'aflurance que je vous en don„ ne, que tout le rtfte ne font que menfonges; m'étant déja la Reine de Navarre, ma „ tante, mon coufin le Prince de Navarre, fon fils, m0n coufin rle Prince de Condé & „ plufieurs autres Seigneurs venus trouver; & y devant arriver mon coufin le drdinal de „ Lorraiue & fes freres & femblablement le Maréchal de Montmorency ik Aumiral, &

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