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INTRODUCTION.

cant a un autre peuple qui commengoit a commercer, par celui-ci a unautre; & que ce n'elt que par unefuite naturelle de ï'inftabilité des chofes qu'ils font devenus ü différens les uns des autres,qu'il femble aujourd'hui que-chaque Etat & même chaque provincecc ville d'un rnêmeEtat ak inventé les Poids dont elle fe feit. Cependant, comme il convenoit pour le bien du Commerce qu'on eüt des Poids fixes dans chaque endrok,les Magiftrats établirent des étalons qu'on gardoit avec un foint» tout particulier dans les principaux édifices publics, oü il étoit d'ufage de les dépofer. Ces étalons fervoient enfuite, quand 1'occafion s'en préfentoit, a ajuller les Poids en ufage dans le Commerce pour pefer furtout Tor & 1'argent, ces deux métaux éxigeant des Poids d'une extréme exaétitude. On ne mit pas le même intérêt & par conféquent la même précifion dans les Poids dont on fe fervoit pour pefer les marchandifes groffieres , & il réfulta de la que dans chaque païs il: s'étabht deux Poids, dont 1'un fervoit a pefer 1'or & 1'argent & les autres chofes précieufes; & 1'autre a pefer les marchandifes groffieres ces poids différoient en quelque chofe 1'un de 1'autre.

Les Mefures de capacité ou de contenance, furtout celles pour lesmatieres liquides, ont fans contredit été compofées d'après-la pefanteur des mêmes matieres. La Cbopine de Paris, la Finte d'Angleterre, le: QüartiUo d'Efpagne,(*)contiennent.apeuprès chacun,une livre d'eau;.. & il elf a préfumer que les autres Mefures, grandes & petites, qui font en ufage dans cestrois Royaumes, ont été compofées d'après les trois que nous venons de nommer. Quant aux Mefures rondes, ou pour les grains, nous avons lieu de croire qu'elles ont eu une même origine que celles pour les matieres liquides,quoi qu'endife M. Pau&on dans fa Metromanie . Nous conviendrons néanmoins avec lui qu'il y a eu quelqües Mefures de contenance, foit pour les matieres liquides, foit pour les grains, qui ont été compofées d'après les mefures linéaires; mais rien ne nous femble plus invraifemblable & plus deflitué de preuves, que les Mefures linéaires aientfait naïtre 1'idée des Mefures de capacité, celles-ci 1'idée des Poids , & enfin les Poids 1'idée des Monuoies. Au refte, il nous paroït que eet Auteur n'avance cela que pour favorifet quelque fyllême qu'il lui importe fans doute de foutenir, car les preuves qu'il donne font plus plautibles qücvidentes. 11 feroit donc inutile des'arrêter a combattre un femblable fyflême. Pour ce qui eft des Mefures

^ (*) II y a en Efpagne deux fortes de qaiirtillos, dont 1'un fert pour mefurer Ie vin,. Mamre pour mefutcr 1'huila. Celui-ci eft de T£ plus grand en capacité que le premier pir Ia raifon naturelle que le vin pefe T^ plus & s'étend moins que 1'huile ihns ja proportion de 16 a 17. Cela prouve que cette mefure a été compofée d'aprèsla ua'ds des matieres j & non pas d'après les mefures iisiéaires..

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