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L'A M O U R E U X. 13^

fonne qui fe plaignoit & qui feroit fachée peutêtre que des étrangers 1'entendiflent; mais elle ne put perfuader fon époux, qui s'avanca pour s'éclaircir de ce que c'étoit. Thisbine le fuivit toute tremblante; & quand ils furent tous deux prés de 1'endroit d'oii les plaintes étoient parties, ils fe cachèrent derrière un buifTon, & de-la , fans être vus , ils ouirent ces paroles , & reconnurent que celui qui les prononcoit étoit le malheureux chevalier qu'ils cherchoient.

Arbres folitaires , qui feuls êtes témoins de 1'excès de mes fouffrances , fi 1'adorable, mais trop cruelle Thisbine, vient embellir de fa préfence vos ombrages , ne lui révélez point les amoureux tranfports que je fais éclater devant vous , puifqu'elle a cent fois forcé ma bouche au fdence , & qu'elle me contraint même d'étouffer mes foupirs ; mais pourquoi m'obftiner plus long-tems a conferver une vie qui lui eft odieufe ? En achevant ces mots, il tira fon épée , & continuant de s'adrefler aux arbres : Muets confidens de mes langueurs, s'écria-t-il, recevez mes derniers adieux.

II alloit effeclivement fe percer le fein fi le généreux Irolde , . auffi touché que furpris de ce qu'il venoit d'entendre , n'eüt fait alors un grand cri de la frayeur qu'il eut que fon

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