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2 J 8 Èssai philosophique

lorsque l'on chassa d'Athènes les Pisistrates et les Tarquins de Rome, ce fut alors qu'ils se réveillèrent plus que jamais; ils influèrent enGore sur ce plan de nouveaux gouvernemens; et comme ils dictèrent les projets de liberté qu'on imagina de toutes parts, ils furent aussi la source de tous les vices politiques dont les législations républicaines ont été affectées et troublées.

Le premier acre du peuple d'Athènes après sa délivrance, fut d'élever une statue a Jupiter , et de lui donner le titre de Roi, ne voulant point, en avoir d'autre dans 1'avenir. Ce peuple ne fit donc autre chose alors que rétablir le règne du Dieu monarque, et la théocratie lui parut donc le vérirable et le seul moyen de faire revivre eet ancien age d'or , ou les sociétés heureuses et libres n'avoient eu d'autre souverain que le Dieu qu'elles invoquoienf.

Le gouvernement d'un roi théocratique, et la nécessité de sa présence dans toute société, tenoit tellement alors, a la religion des peuples de l'Europe, que malgré 1'horreur qu'ils avoient concue pour les Rois , ils se crurent néanmoins obligés d'en conserver 1'ombre, lorsqu'ils en anéantissoient la réalité. Les Athéniens et les Romains en releguèrent le nom dans le sacerdoce; et les uns en créant un Roi des augures, et les autres un Roi des sacrifices, s'imaginèrent satisfaire par-la aux préjugés qui exigeoient que telles ou telles fonctions ne fussent faites que par des images théoerariques. II est vrai qu'ils eurent un grand soin de renfermer dans des bornes très-étroites le pouvoir de ces prêtres rois; on ne leur donna qu'un faux titre et quelques vaines distincrions; mais il arriva que le peuple ne reconnoissant pour maitre que des diêux invisibles ne forma qu'une société qui n'eut de 1'unité que sous une fausie spéculation , et que chacun en voulut êtte le

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