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2 3 8 Vie privêt

homme n'ofe pas encore : la femme le raffure, lui dit qu'elle a un procureur excellent pour fuivre une affaire; qu'il ne doit s'inquiéter de rien; qu'elle fera toutes les dépenfes , & qu'elle veut que le vieux maréchal foit connu pour ce qu'il eft.

Richelieu eft afïigné. Son homme d'affaire porte une boïte d'or au procureur, pour 1'engager a ne pas pourfuivre : mais celui-ci, guidé par cette femme généreufe que 1'indignation rend intraitable, dit qu'il n'en eft pas le maitre. Enfin , le maréchal, qui craignoit d'être timpanifé par le public , dont il étoit déja la fable, offre de faire trois eens livres de rente viagère a Colin, qui, pour ne pas courir les rifques d'un procés, les accepta promptement, & promit de fe taire. Ce malheureux n'en a pas joui deux ans.

Cependant, au milieu de cette multitude d'incidens, le maréchal étoit tranquille : il voyoit fon procés en bon train; certain de fon innocence, & de la faveur qu'il doit trouver parmi les membres du nouveau parlement, il attendoit fon jugement, fans qu'aucune inquiétude put troubler fes plaifirs.

Son fits, qui paroiffoit alors être plus d'accord avec lui, voulut célébrer ce raccom modement, en donnant, k fon père une petite fête k ce Gennevilliers , dont nous avons déja parlé , qu'il avoit acheté du duc de Choifeul, lors de fa difgrace.

Le goüt du père & du fils étoit a-peu-près le même; il leur falloit des beautés faciles pour animer la gaieté d'un repas. Mademoifelle Raucourt & Virginie , de 1'opéra , furent choifies pour être les déeffes de ce feftin. Le maréchal,

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