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du Maréclial de Richeïieu. 33

crivis a la ducheffe qu'on vouloit me marier abfolument, & tous mes chagrins a ce fujet. Elle me montra combien fon ame étoit honnête, en m'engageant k foufcrire aux volontés de mon père , & en me priant de vivre avec ma femme comme un mari devoit faire. Je lui répondis que ma réfolurion étoit prife, & que rien ne pouvoit la changer; que j'obéirois, mais que je ferois mari ad honores; que mon cceur étoit k elle, & que ma femme n'auroit de moi abfolument, que la main que j'étois forcé de lui donner.

Je couchai le foir même avec madame de Fronfac; toute la maifon étoit en fête, mais elle n'eut pas occafion de s'appercevoir qu'elle eüt un mari. Je fatisfaifois en apparence k ce qu'on attendoit de moi; & dans le tête-a-tête, je tenois la parole que je m'étois donnée. Madame de Fronfac, toute jeune & innocente qu'elle fut, n'ignoroit pas que le mariage devoit avoir un peu plus de fuite, & parut très-étonnée, fur-tout après quelques jours de réunion, de me voir toujours auffi tranquille & auiTi peu curieux que la première fois. L'air de mélancolie qu'elle eut ne me la rendit pas plus intéreffante. II y eut fans doute quelques plaintes de faites; la mère & la fille eurent enfemble des confidences qui ne m'étoient pas favorables; ma belle- mère, après m'avoir témoigné de 1'aigreur, prit le parti tout oppofé. Elle m'accabla d'amitié, me prévint fur tout & me faifoit exaclement la cour pour fa fille. J'étois enchanté de la voir punie de fes lézineries a mon égard, & de fes projets de mariage, fans m'avoir confulté; je feignis de la bien recevoir; je paroiffois fur le point de me rendre a fes defirs, Tome III, C

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