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DE TRENCK.1 5239

relativement a ma prétendue traduftion ; c'eft la feule récompenfe que j'aie retirée de mon travail.

Mais il faut convenir qu'il y avoit quelque chofe de défefpérant dans ma deftinée. Pendant trente - un ans, toutes mes démarches a la cour avoient été infructueufes, paree que des hommes méchans & intéreffés avoient prévenu contre moi ma fouveraine, en me faifant paiTer pour archi-hérétique. Au bout de ce; tems-Ia, ma femme réuffit a Ia défabufer : cette bonne princeiTe alloit réparer les torts que j'avois eiTu>és ; elle alloit faire Ie bonheur de mes enfans , & voila qu'elle meurt, fans avoir eu le tems de rien exécuter.

Fortune! comme tu te joues des foibles hu. mains! Peu s'en faudroit que je ne crufle a la deftinée; mais non, c'eft moi feul qui ai été 1'artifan de mon infortune; j'ai toujours trop ignoré cet art qui fait que l'on obtient tout a la cour; j'ai demandé avec trop de fierté ce que je favois m'être du. Cependant, fi on me 1'ettt accordé, a coup fur j'euffe regardé cette juftice comme une faveur.

C'eft pour mes enfans que j'ai écrit cette vé. ridique hiftoire de ma vie; elle va m'attirer encore peut-être de nouvelles peines & de nouvelles perfécutions; mais j'efpère qu'ils pourront en recueillir quelque utilité. On a employé la

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