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Les veillées du chateau, ou Cours de morale a l'usage des enfans.

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iii Les Feillies

inconcevable, quoiqu'il m'infpirat la plus injurieufe défiance, je 1'eftimois aflez pour redouter qu'il ne m'en foupconn;tt capable. Quelquefois je le regardois comme un ri-„ val , mais plus fouvent je le confidérois comme un cenfeur dont 1'eftime & 1'approbation étoient néceflaires au bonheur de ma vie. De iemblables agitations n'influoient que trop fur mon caraftere. Quand on eft livré aux pafiions , on y rapporte toute fes idéés, toutes fes penfées, & 1'on eft dans une efpece de délire qui ravit entiérement1'ufage de la raifon. Plus incapable que jamais de réfléchir, non-feulement je ne fongeois point k furmonter mes défauts, mais je ne m'occupois plus du foin de les cacher; je me livrois k toute mon impétuofité naturelle. Sufceptible & pointilleux, comme toutes les perfonnes qui manquent d'éducation, & d'ailleurs , aigri par une jaloufie fecrete , le feul de mes vices que je n'oiafle montrer, j'étois toujours choqué, piqué, ou en colere, fans qu'on püt fouvent en deviner la raifon. Alors la douceur angélique de Julie n'étoit k mes yeux que de 1'hypocrifie. Sa maniere lente de parler me paroiflbit aifeétée , & me pouffoit k bout. Enfuite, je fentois mes torts. Je trouvois moi-même qu'il étoit impoflible de m'aimer. Je tombois dans le découragement & dans le défefpoir; ou bien, je me reprochois avec amertume de faire le malheur d'une perfonne que j'adorois. Je me répréfentois ma Julie avec tous fes char-