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Chap. X. DES DETTES PUBLIQUES. 255

calcule maintenant, en fuivant cette proportion , combien de pauvres citoyens font mis a contribution, & on avouera qu'elle revieru: chez nous a 50 Üorins par tête: voilé donc mille pauvres citoyens, qui au fonds fournilfent de quoi faire rouler les Caroffes des gros Financiers régnicoles & étrangers; deforte que ce font réeïïement au moins mille Perfonnes qui

Ce que j'ai dit au Chap. VIII. que 1'Etat obtient encore aujourd'hui de l'argent a emprunter fur le pied de 2j pour cent, ne contredit pas ce que je dis ici: paree que le Chap. VIII. avoit été écrit pendant cet Eté; mais les Préliminaires de la paix ont été fignés depuis , & on commencé a fentir plus ou moins la malheurcufe iflue de cette guerre deftxuétive h tous égards pour les Etats, parl'étatoü fe trouvent la majeure partie des Négociants. A mefure que 1'Etat vuide fa CaifTe, que Ie befoin de foutenir la Compagnie des Indes Orientales fe faira fentir, & que les Négociations d'argent pour des Etats Etrangers ne difcontinueront pas, a mefure de cela, dis-je, 1'Etat obtiendra plus difficilement de l'argent. D'ailleurs les prix des Marchandifes font en général depuis peu de mois tombés a la moitié: tout cela influe fur 1'abondance ou Ia rareté des Efpeces. Et dans cette circonftance les Etats de Hollande , qui au mois de Mai & de Juin derniers auroient encore trouvé quelques millions avec facilitétrouveront maintenant avec peine 2 ou 3 millions fur le pied de 2§ pour cent, cn .iccordant même une prinje de 2 ou 3 pour cent il la Soufcription. Car landis que le prix de nos Obligations eft de 96 a 97 par cent, qui votidra les payer ii 100?

Mais d'un moment a I'autre tout peut fe remettre dans Tanden train. La tranquillité une fois rétablie au dedans & au dehors, 011 verra revenir 1'abondance, & les particuliers fe préteront alors plus VOjontiers a foutenir leurs propres intéréts, cn foutenaut celui du public & de leur Patrie.

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