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Chap. X. DES DETTES PUBLIQUES. 259

tems combien il y a de Perfonnes, qui leur payent une rente annuelle, par les charges qu'on leur a impofées a cet effet. On verrok par un tel Tableau , & d'un fimple coup d'ceil, le bel effet que les Dettes publiques produifent dans une Nation.

On a fait depuis le commencement de ce Siècle 1'éloge des Dettes Publiques, car les plus grands abus trouvent des panégyriftes; on en a jugé par quelques bons effets que cela a produit, mais qui n'ont été que momentannés; mais on s'eft bien gardé de parler des fuites funeftes que les guerres malheureufes ont entrainé. Un Etat eft proche de fa ruine, lorsqu'il eft obligé d'augmenter les charges a mefure qu'il eft moins en état de les porter. II n'en eft pas de 1'Etat comme d'un fimple particulier: fi un Négociant, par exemple, fait quelque entreprife, & négocie pour cela de l'argent a intérêt, fi fes Entreprifes ont du fuccès, il s'enrichit, & fes Créanciers retirent leurs Capitaux refpeclifs. Mais il n'en eft pas de même d'un Etat. Quelques conquêtes qu'il faffe, on ne voit point qu'elles renrichiffent au point de diminuer fes dettes, & encore moins de s'en libérer entiérement. Qui plus R 2

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