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prince, s'appercut aifément qüil étoit faché d'avoir été ainü furpris. Alors levant la vifière de fon cafque, il lui répliqua : ne ttouvez point mauvais, fi me trouvant inftruit de votte trifteife par votre frère Acomat , & fi le hafard m'ayant conduit ici jen ai appris la caufe de vous-méme. 11 efc vrai que je fuis étranger, mais j'ai peut - être plus d'envie de vous fervir qu'aucun de vos compattiotes. Je me fuis déja. offett a vous, & fi je ne puis vous êtte utile, je faurai du moins vous plaindre & partager vos peines.

Fortunien ne put voir Caloandre fans Fadmirer ; fa colère fit bientót place a des fentimens plus doux; il lui fembla que eet étranger ne lui ctoit point ineonnu: mais appercevant quelques poils de barbe qui commencoient a paroitre fur fon menton , fon étonnement s'accrut au point qüil le confidéroit fans rien dire & fans faire aucun mouvement. Caloandre , de fon cóté , étoit furpris de Fétat oü il le voyoit. Quand ils eurent gardé tous deux alfez long-temps le filence , Fortunien prit ainfi la parole : puifque le ciel a conduit ici le chevalier le plus accompli que j'aie jamais vu, pour Fintérefler a mon fort, pour compatir a mes maux, Sc pour enrendre ce que j'ai toujours renfermédans mon cceur; je vous prie, feigneur,de m'être fidéle , Sc de ne point abufer de mon fecret. Votre extérieur me fait efpérer cette grace

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