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3 5 S Bellinette.'

princes jufqu'a vous, feigneur, m'ont connue, encore moins m'ont vifitée; cependant, fi l'on s'en rspportoit aUx difcours de tous les hommes, & a ceux des princes mêmes, mon empire feroit d'une vafte étendue. II n'y a 'perfonne qui ne fe vante de me rendre uh culte parfait & continuel; vous voyez néanmoius, feigneur, le peu d'étendue du terrein qu'occupe la reconnoifTance fur toute la furface de la terre. Je me fuis fait long - tems fcrupule d'exiger y même une fleur, de ceux qui avoient recu quelques Jervices j, mais enfin j'ai voulu qu'il exiflat quelques témoins du bienfait; 1'oubli total donnoit trop de facilité aux ingrats. Vous avez pu remarquer avee quel étalage on m'envoie eet amas de fleurs, qui ne confervent fouvent que quelques minutes leur éclat & leur odeur ; 1 mgratitude, mon ennemie, les feche & les fane fans ceffe. Elle a cent moyens pour y parvenir : Tantöt elle fait ufage de 1'efprit pour me détruire, elle développe & fuppofe des motifs a 1'obligation recue, elle allegue des procédés , ou rappelle des négligences dans la fociété. Qué fais-je ? elle met tout en ufage, & ne réuflit que trop bien a me bannir des cceurs, de ceux même da»s lefquels je me croyois le plus foüdement établie. Elle n'a pas , continua-t-elle, beaucoup de chemin a faire pour exercer fes perfidies. Cette terrible montagne, aride & feche, que vous voyez, n'étoit aufrefois qu'une taupinière , dans laquelle

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