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J. J. ROUSSEATJ. 15

plation de 1'inrïni pafferoit toujours les bornes de mon entendement; que ne devant jamais elpérer de concevoir pleinement le fyflême de Ia nature, tout ce que je pouvois faire, étoic de le confiJcrer par les cótés que je pouvois faifir ; qu'il falloit favoir ignorer en paix tout le refte; & j'avoue que dans ces recherches je penfai comme les gers dont vous parlez, qui ne rejettent pas une vériié claire ou fuffifamment prouvée, pour les difficuités qui Paccompagnent & qu'on ne fauroit lever. J'avois alors, je 1'avoue, une confiance fi téméraire, ou du moins une fi forte perfuafion, que j'aurois défié tout philofophe de propofer aucun autre fyflême intelligible fur la nature, aviquel je n'eiuTe oppofé des objeétions plus fortes, plus invincibles , que celles qu'il pouvoit m'oppofer fur le mien , & alors il falloit me réfoudre a refter fans rien croire, comme vous faites, ce qui ne dépendoit pas de moi, ou mal raifonner, ou croire comme j'ai fait.

Une idéé qui me vint il y a trente ars , a peut-être plus contribué qu'aucune autre a me rendre inébranlable. Suppofons, medifois-je, le genre humain vieilli jufqu'a ce jour dans le plus complet matérialifme, fans que jamais idéé de divinité ni d'ame foit entrée dans aucun efprit humain. Suppofons que, 1'athéifme philofophiqus ait épuifé tous fes fyflêmes pour expliquer la formation & la marche de 1'univers par le feul jeu de la matiere & du mouvement nécelTaire, mot auqutl du refte je n'ai jamais rien congu. Dans eet état >

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