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Supplement aux Œuvres.

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la preiïe, & ne croirois vraiment recommencer iï vivre, que quand je ferois tout-a-fait oublié.

J'avoue pourtant qa'il a tenu a peu, que je ne me fois trouvé rengagé dans le monde, & que je n'aie abandonné ma foütude-, non par dégout pour elle, mais par un goüt non moins vif que j'ai failli lui préférer. II fauJroit, Monfieur, que vous connuffiez 1'état de déMfferrrent & d'abandou de tous mes amis oü je me trouvois, & Ia protonde douleur dont mon ame en étoit affectée , lorfque Monfieur & Madame de Luxembourg defirereutde me connoitre, pour "juger de fimpreffion que firent fur mon cceur affligé leurs avances cVt leurs carefles. J'étois mourant; fans1 eux je ferois kifailliblement mort de trifteffe; ils m'ont rendu la vie, il eft bien jufte que je 1'employe a les aimer.

J'a 1 un cceur très-aimant, mais qui peut fe fuffire & Iui-même. J'aime trop les hommes pour avoir befoin de choix parmi eux- ; je les aima tous, & c'eft paree que je les aime, que je hais 1'injuftice; c'eft paree que je les aime, que je les fuis; je fouffre moins de leurs maux quand je ne les vois pas; cet intérêt pour. 1'efpece fuffit pour nourrir mon cceur; je n'ai pas befoin d'amis particuliers, mais quand j'en ai, j'ai grand befoin de ne les pas perdre; car quand ils fe détachent, ils me déchirent, en cela d'autant plus coupables, que je ne leur demande que de 1'amitié, & que pourvu qu'ils m'aiment, & que je le fache, je n'ai. pas même