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DlALOGUE. 9

par la raifon, ils s'arrêtent & paffent la vie' i en jouir en faifant chaque jour ce qui leur paroit bon pour eux & bien pour autrui, fans égard a 1'eftimation des hommes & aux caprices de 1'opinion.

F. Je cherche inutilement dans ma tête ce qu'il peut y avoir de commun entre les êtres fantaftiques que vous décrivez & le montere dont nous parlions tout - a - 1'heure.

R. Rien fans doute , & je Ie crois ainfi: mais permettez que j'acheve.

Des êtres fi finguliérement confKtués doivent néceiTairement s'exprimer autrement que les hommes ordinaires. II eft impoffible qu'avecdes ames fi différemment modifiées , ils ne portent pas dans 1'expreffion de leurs fentimens & de leurs idees I'empreinte de ces modifications. Si cette empreinte échappe a ceux qui n'ont aucune notion de cette maniered'être, elle ne peut échapper è ceux qui la connoiflent & qui en font affeélés eux-mêmes. C'eft un figne caractériftique auquel les initiés fe reconnoiffent entr'eux, & ce qui" donne un grand prix a ce figne fi peu connu Sc encore moins employé, eft qu'il ne peut fe contrefaire, que jamais il n'agit qu'au niveau de fa fource, & que quand il ne part pas du cceur da ceux qui 1'imitent, il n'arrive-pas non plus aux cosurs faits pour Ie diftinguer; mais fïtói qu'il y parvient, on ne fauroit s'y méprendre; il eft vrai, dés qu'il eft fenti. C'eft dans toute la conA 5

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