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Supplement aux Œuvres.

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et Sophie.

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la fois ? Non, cette fituation, ce tumulte ne peut fe décrire. L'épanouiiTement de .'extréme joie, qui d'un mouvement uniforme femble étendre & raréfier tout notre être, fe concoit, s'imagine aifément. Mais quand Pexcefllve douleur raffemble dans le fein d'un miférable toutes les furies des enfers; quand mille tiraillemens oppofe's le déchirent fans qu'il puiffe en diflinguer un feul; quand il fe fent mettre en pieces par cent forces diverfes qui I'entralnent en fens contraire; il n'eft plus un, il eft tout entier a chaque point de douleur, il femble' fe multiplier pour fouffrir. Tel étoit mon état, tel il fut durant plufieurs heures; comment en faire le tableau ? Je ne diroïs pas en des volumes ce que je fentois a chaque inftant. Hommes heureux, qui dans une ame étroite & dans un cceur tiede ne connoiffez de revers que ceux de la fortune, ni de pafïïons qu'un vil intérêt, puifïïez-vous traiter toujours cet horrible état de chimère & n'éprouver jamais les tourmens cruels que donnent de plus dignes attachemens, quand ils fe rompent, aux cceursfaits pour les fentir!

Nos forces font bornées & tous les tranfports violens ont des intervalles. Dans un de ces momens d'épuifement oü la nature reprenJ haleine pour fouffrir, je vins tout-a-coup a penfer a ma jeüneffe, Ü vous mon makre, a mes lecons; je vins a penfer que j'étois homme, & je me demande aufïïtót, quel mal ai-je regu dans ma perfonne? I 6