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Supplement aux Œuvres.

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230 Emile

circonftances de ce voyage, pefant furtout les derniers mots qu'elle avoit prononcés en partant, j'y crus démêler le motif qui 1'avoit ainenée & celui qui 1'avoit fait repartir tout d'un coup fans s'être laiffé voir. Sophie parloit fimplement; mais tout ce qu'elle difoit portoit dans mon coeur des traits de lumiere, & c'en fut un que ce peu de mots: 11 ne fótera pas ta mere, avoit-elle dit. C'étoit donc la crainte qu'on ne la lui ótat qui 1'avoit amenée, & c'étoit la perfuafion que cela n'arriveroit pas qui 1'avoit fait repartir; & d'oü la tiroit - elle , cette perfuafion? qu'avoit - elle vu? Emile en paix, Emile au travail. Quelle preuve pouvoit-elle tirer de cette vue, finon qu'Emile en cet état n'étoit point fubjugué par fes pafïïons & ne formoit que des réfolutions raifonnables ? Celle de la féparer de fon fils ne 1'étoit donc pas felon elle, quoi qu'elle le füt felon moi: Iequel avoit tort? Le mot de Sophie décidoit encore ce point; & en effet en confidérant le feul intérêt de 1'enfant, cela pouvoitil même étre mis en doute? Je n'avois envifagé que 1'enfant óté a fa mere, & il falloit envifager la mere ótée a 1'enfant. J'avois donc tort. Oter une mere a fon fils, c'eft lui óter plus qu'on ne peut lui rendre, furtout a cet age ; c'eft facrifier 1'enfant pour fe venger de la mere: c'eft un acte de pafïïon, jamais de raifon, a moins que la mere ne foit folie ou dénaturée. Mais Sophie eft celle qu'il faudroit defïrer a mon fils, quand il en auroit une autre. II faut que nous 1'élevions