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24 Les Contessions.

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mures du public, des rangiflrats municipaux, des miniftres. Après le branie donné par la France, il n'étoit pas du bon air de ne pas rae faire au moins quelque infulte: on auroit eu peur de paroitre improuver mes perfécuteurs, en ne les imitant pas. La clalTe de Neuchatel, c'eft. a-dire, la compagnie des miniftres de cette ville donna le branie, en tentant d'émouvoir contre moi le confeil d'e'tat. Cette tentative n'ayant pas réuffi, les miniftres s'adretTèrent au magiftrat municipal, qui fit auffi-tót défendre mon livre, & me traitant en ioute occafion peu honnêtement, faifoit comprendre, & difoit méme que fi j'avois voulu m'établir <Ians la ville, on ne m'y auroit pas fouffert. Ils remplirent leur Mercure d'inepties & du plus plat caffardage, qui, tout en faifant rire les gens fenfés, ne laifibit pas d'e'chaulfer le peuple & de 1'animer contre moi. Tout cela n'empêchoit pas qu'a les entendre, je ne duffe êire très-reconnoifi'ant de 1'extrêrae grace qu'ils me faifoient de me laifler vivre a Motiers, oü ils n'avoient aucune autorité; ils m'auroient volontiers mefuré 1'air a la pinte, 4 condition que je 1'eufle payé bien cher. lis vou. loient que je leur fuil'e obligé de la proteétion que Ie roi m'accordoit malgré eux, & qu'ils travailloient fans relache k m'óter. Enfin, n'y pouvant réuffir, après m'avoir fait tout le tort qu'ils purent_, & m'avoir décrié de tout leur pouvoir, ils fe firent uu mérite de leur impuiflance, en me faifant valo«r la bonté qu'ils avoient de me fouffiir dans

leur

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