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Mémoires secrets sur les règnes de Louis XIV et de Louis XV.

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114 RÉGENCE.

eu le malheur de le perdre. Par un article fecret du traité de paix figné a Raftadt, l'empereur donna a Louis XIV fa parole d'honneur de n'entrer directement ni indirecfement dans aucune guerre contre la France pendant la minorité. Le régent n'eut connoiffance que fort tard de ce fecret, &c depuis qu'il l'eut fu, ne pardonna jamais au maréchal de Villars de le lui avoir caché. Si le régent en ent été plutöt inftruit, peut-être eüt-il moins recherché les Anglois : au-lieu de fe livrer a eux , cornme il fit, il auroit pu fe faire acheter lui-même pendant les troubles qui régnoient alors en Angleterre; 1'alliance entre les deux couronnes fe feroit également faite, mais plus avantageufement pour nous, &c la paix n'en auroit pas moins fubfifté.

Aux premiers accidens de la maladie , 1'opinion générale 1'attribua au poifon, & en accufa le régent. Le peuple de la cour, plus peuple qu'un autre, accréditoit les foupcons. Ceux mêmes qui, ne le croyant pas, étoient ennemis du régent, fomentoient ces bruits de tout leur pouvoir. La ducheffe de la Ferté, qui étoit de la cabale, avoit affefté de dire : Hélas! tout ce qu'on fait eft inutile, le pauvre enfant eft empoifonné. Ce qu'il y a d'étrange, c'eft que les fymptömes, le traitement & la curation de la maladie en ayant démontré la nature , les mêmes rumeurs fubfiftèrent, & ne font pas encore totalement détruits. Ce qui contribua beaucoup alors a les fortifier, fut que le régent venoit de faire revivre pour fon fils, le duc de Chartres, la charge de colonelgénéral de 1'infanterie, place qui donne des privileges ft exorbitans, qu'on 1'avoit fupprimée