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Mémoires secrets sur les règnes de Louis XIV et de Louis XV.

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RÉGENCE. Hj

comme dangereufe, & qui le devenoit infiniment plus entre les mains d'un premier prince du fang On accufoit le maréchal de Villeroi d'en avoir donné le confeil au régent, pour le rendre de plus en plus fufpeft d'aipirer a la couronne, & de s'en préparer les voies. Si cela étoit, le prétendu piège étoit digne de la fottife du maréchal; car, s'il faifoit foupconner le régent de quelque grande entreprife, il lui fourniffoit en même-tems les moyens de réuffir.

^ Le régent parut auffi touché que qui que ce fêt- pendant la maladie, & partagea fincérement la joie de la convalefcence. Le maréchal de Villeroi éprouvoit, avec raifon, le bonheur de voir le roi rendu a nos vceux; mais il y mettoit une oftentation qu'il croyoit injurieufe au régent, & qui le devenoit par-la. Dans les fêtes qui fe fuccédoient journeliement, les cours & le jardin des Tuileries ne défempliffoient pas, le maréchal ne ceffoitde mener le roi d'une fenêtre a l'autre, au point de 1'en excéder : Voyez, lui difoit-il, voyez, mon maitre, tout ce peuple eft a vous' il n'y rien la qui ne vous appartienne , vous etes le maitre de tout ce que vous voyez , & autres platitudes. Ce n'étoit pas la ce que Montaufier, Beauvilliers ou Fénelon auroient trouvé a dire fur la joie vive & franche d'un peuple amoureux de fes rois : eh! quel peuple mérite plus d'être cher a fes princes !

L'évêque de Fréjus, Fleury, fe conduifoit avec beaucoup plus de fagefle , du moins pour luimême. II avoit une grande attention a flatter la morgue du maréchal, de peur de lui donner de la jaloufie; &, plein de refpecf pour le régent,

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