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Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques. [...] Tome trente-troisième. Troisième classe, contenant les romans cabalistiques.

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r>' A i? ü t é ê, L i v. v I I. 225 je gémiffois du fond de man cceur, en comparant ietat miférable oü je me voyois réduit fous la forme d'un ane, a la vie heureufe dont je jóuif. fois pendant que j'étois Lucius; & je penfois en moi-même que ce n'étoit pas fans raifon que nos fages anciens onr nommé la fortune aveugle , & 1'ont repréfentée même fans yeux, puifqu'elle ré^pand fes faveurs fur des fcélérats & des gens indignes, & ne choifit jamais perfonne avec di£» cernement. Que dis-je? Elle s'attaché a fuivreceux qu'elle fuiroit continuellement, fi elle voyoit clair 5 & ce qui eft plus cruel, elle nous donne ordinairemenr une réputation que rtous ne devons point avoir , & qui eft même toute contraire a celle que nous méritons : de manière qu'un méchant homme paffe fouvenr pour homme de bien, & que le plus jufte & le plus innocent eft quelquefois condamné & puni, comme s'il étoit coupable. Enfin , moi, qui pat une difgrace affreufe de cette même fortune , me voyois fous la forme du plus vil & du plus miférable de tous les animaüx; moi, dis-je, dont 1'état déplorable auroit exciré la pitié de 1'homme le plus dur, & le plus méchant, je me voyois encore accufé d'avoir volé mon héte, pour qui j'avois beaucoup d'amirié; ce qu'on devoit regarder, avec raifon, moins comme un vol, que comme un parricide; & il m'étoit impoffible de défendre mon innocence , ni même

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