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Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques. [...] Tome trente-sixième. Troisième classe, contenant les romans cabalistiques.

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ce philtre qu'il lui avoit préparé. II voulut qu'efié gardatla boitej & elle la ree ut fans facon & fans conféquence , paree que le préfent étoit d'une fi petite valeur, qu'il n'étoit pas capable de blefier fa délicatelTe.

' On juge bien que M. Oufle étant aflbré qu'elle fentiroir fouvent cette pommade, & s'y confiant autant,qu'il faifoit, il conclut qu'il n'avoit plus neni pratiquer pour gagner Ie cceur de fa makreflè.

II conrinua longtems i la voir fur Ie même pied & avec la même fatisfaction. Ne demandant que d'être aimé, & croyant 1'être, il ne cherchoit rien de plus. Heureufement pour lui, il ne fut point troublé jfer fa femme dans ce commerce que fon imagination lui rendoit fi doux. Elle étoit inftruite par Dulcine de rout ce qui fe paflbit entr'eux, & comme elle craignoit que de 1'humeur qu'il commencoit k être , il ne s'adrefsdt ï d'autres femmes qui profiteroient de fa foiblelTe , elle contribua de fon eöté, autant qu'elle leput k 1'amufer auprès de cette veuve,fur la fagefle delaquelle elle fe repofoit. Sa précaution lui fut pourtant inutile; car M. Oufle voulant aimer plus de deux femmes ' pour mieux fe convaincre de fon prétendu penchant, prit dans la fuite parti ailleurs, & il porta fes vues fur une perfonne dont le caradère étoit bien diftérenrde celui de Dulcine; c'eft ce qu'on va voir dans le chapitre fuivant.