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5 HlSTOIRE

jufqu'ici nous avoit été très-favorable, commenqa. k nous faire fentir les effets de fon inconflance ordinaire. Environ fur les trois heures après midi, le ciel changea fa douceur

6 fa férénité précédente en nuages épais, en éclairs & en tonnerres, qui furentles avant-coureurs des vents orageux , de la pluie mêlée de grêle , & de la tempête qui fuccédèrent peu après. Aux approches de cette tourmente, les vifages de nos matelots devinrent pales & abattus ; car bien qu'ils euflent le loifir d'amarrer leurs voiles, d'attacher fortement leurs canons, & de ranger toutes chofes comme ils trouvèrent apropos; néanmoins, prévoyant le terrible our'agan qui arriva, ils ne pouvoient qu'en redouter la violence. La mer commen$a d'être agitée, & les vents parcoururent tous les points de la boufTole en moins de deux heures. Notre vaiffeau fut poufTé, tantöt d'un cöté , tantöt d'un autre, tantöt en haut, & tantöt en bas, de la plus horrible manière du monde : un vent nous pov.ffoit en avant, & un autre en arrière ; nos mats, nos vergues & nos cordages fiirent rompus & déchirés, & 1'orage fut fi violent , que la plupart de nos mariniers étant malades, pouvoient k peine ouir & encore moins obéir au commandement. Cependant nos pafTagers étoient tous enfermés fous le

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