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L'ISLE INCONNUE. 2.1 j'y fais paffer a diverfes reprifes le fouffle brölant de mon haleine. L'air s'infinne dans fes poumons. O joie ! ö tranfport ! elle refpire. Ce n'eft plus une erreur de mes lens, un fantöme de mon imagination : un foupir bien prononcé & quelques battemens de cceur ne me lailTent plus douter du prodige qui vient de s'opérer; Eléonore eft vivante (i) , & elle le doit a 1'amour.

Que les cceurs aïmans & fenfibles fe repréfentent, s'il fe peut, ce qui fe paffoit alors dans le mien. Je ne puis définir ce que j'éprouvois. L'excès du fentiment accabloit mon ame-; la joie inondoit mon cceur & m'ötoit la raifon. Je ne fus , durant quelques mornens, que faire ni que penfer ; les impreffions contraires qu'en fi peu de temps j'avois recues des paflions les plus violentes , le paffage fubit de la crainte a

(i) II paróït qu'on ne connoifloit pas alors la poflibilité de rappeler les noyés a la vie, ni les procédés employés a eet effet avec tant de fuccès. Ce prodige inoui étoit une chofe toute fimple. La chaleur du fable échauffé par le foleil dans un climat brülant , les fecours & les mouvemens donnés a Eléonore , & , plus que tout cela , l'air poufle dans fes poumons. par un fouffle puiffant, devoient opérer ce miracle. Le (2hevalier dés Gaftines pouvoit en être d'autant plus étonné , qu'il ti'en- connoilfoit pas d'exemple. N.ote de l'e'diteur.

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